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Les agricultrices des Côtes-d'Armor en quête d'égalité sur le terrain

Les Échos · 20/10/2026 · ← revue

Manier une tronçonneuse, conduire un tracteur, gagner en autonomie dans son exploitation : l'égalité femmes-hommes se joue aussi sur le terrain agricole. Dans les Côtes-d'Armor, le Groupement des agriculteurs biologiques (GAB 22) multiplie, cet automne, les rendez-vous destinés aux agricultrices. Une formation à la récolte de l'herbe est programmée le 27 octobre à Plufur, tandis que d'autres sessions porteront sur la tronçonneuse et la conduite du tracteur d'ici à février. L'association propose aussi des rencontres entre professionnelles. Le 26 novembre, une réunion est programmée pour les participantes des secteurs de Guingamp, Rostrenen et Loudéac. D'autres rendez-vous sont prévus dans le Trégor, durant la seconde quinzaine de novembre, puis dans le secteur de Dinan, début décembre. Ces groupes accueillent agricultrices, salariées agricoles et porteuses de projet. Lancés il y a quatre ans, ils permettent notamment d'aborder les difficultés d'installation, les discriminations et l'isolement professionnel. Les formations, organisées en non-mixité, doivent de leur côté renforcer l'autonomie technique des participantes.

Des inégalités encore marquées

Dans les Côtes-d'Armor, 2.152 femmes dirigent une exploitation agricole, soit 25,7 % des 8.373 chefs d'exploitation du département, selon les données de la Mutualité sociale agricole (MSA) compilées par Armorstat. À l'échelle nationale, les obstacles restent importants. Une étude réalisée en 2024 par Verian pour la MSA auprès de 1.020 femmes actives agricoles révèle que 83 % constatent des inégalités entre les genres. Près d'une sur deux se sent moins acceptée ou moins respectée que les hommes. Au total, 66 % estiment qu'il est plus difficile pour une femme de travailler dans le secteur.

Revoir l'organisation du travail

À l'échelle régionale, le réseau bio breton (GAB-FRAB) veut aussi s'attaquer aux causes structurelles des inégalités. Un programme de deux ans vient d'être lancé pour examiner les conditions de travail dans les fermes volontaires. La répartition des responsabilités, l'ergonomie des postes et les comportements sexistes figurent parmi les sujets qui seront passés au crible. L'objectif est de faire évoluer l'organisation des exploitations, plutôt que de faire reposer sur les seules femmes la responsabilité de s'adapter à un environnement professionnel encore inégalitaire.

Stéphanie Bescond