« Le système le plus vertueux » : à Dinard, l’eau de mer va-t-elle permettre de chauffer les bâtiments de la ville ?
Ceux qui sont passés cette semaine, plage de l’Écluse, ont remarqué des engins creusant le sable. Il s’agit de sondage pour la réalisation d’une étude de faisabilité d’un réseau de chaleur alimenté par des énergies renouvelables et de récupérations comme la thalassothermie par drainage des plages. La Ville de Dinard envisage la réalisation d’un réseau de chaleur urbain destiné à alimenter différents bâtiments publics et privés du territoire. Ce projet comprend une unité de production centralisée, un réseau de canalisations enterrées et des sous-stations assurant la distribution de la chaleur aux abonnés.
Sa réalisation et son exploitation s’inscriraient dans le cadre d’un service public de chaleur. À ce jour, l’hypothèse de travail issue des études de faisabilité retient un scénario élargi prévoyant 18 sous-stations — intégrant notamment la future piscine du COSEC, l’hôpital et le lycée hôtelier —, soit 3,8 km de réseau. Le projet présente une densité thermique de 1,75 MWh/ml, supérieure au seuil fixé par l’ADEME, pour une consommation potentielle annuelle totale de 9 GWh.
Quel impact sur la facture d'énergie de la commune ?
« Une solution alternative de thalassothermie par drainage des plages est en cours d’étude, mais nous avons besoin de connaître la nature du sol. La liste des prospects potentiels — Ville, Département, Région, bailleur social, hôpital Arthur-Gardiner — n’est pas exhaustive et un travail sera mené lors des études opérationnelles pour optimiser la desserte sur ce scénario élargi », a rapporté Frédéric Sohier, adjoint délégué au bâti, aux réseaux et aux grands travaux de voirie, lors du conseil municipal du mercredi 30 septembre. Les résultats de cette étude seront connus d’ici un mois.
« Quel est le principe de la thalassothermie ? », a demandé Stanislas Du Guerny, élu de l’opposition. « C’est d’abord une question environnementale, car nous souhaitons limiter les émissions de gaz à effet de serre », a répondu le maire, avant d’ajouter : « Trop de bâtiments communaux fonctionnent encore au gaz. La thalassothermie constitue sans doute le système le plus vertueux. Aucune particule fine ne se dégage dans l’air lorsqu’on va capter les calories de la mer. C’est un projet ambitieux et technique, mais qui aura l’avantage de s’autofinancer par l’intermédiaire du Syndicat départemental d’énergie 35, lequel choisira un délégataire. Cela ne fera pas baisser le prix de l’énergie, mais celle-ci sera propre et ses tarifs resteront stables. »