Le sol bouge sous votre maison ? Voici des mesures simples à mettre en place pour éviter l’apparition de fissures
C’est un poison lent dont les conséquences peuvent s’avérer dramatiques. Avec le phénomène dit de retrait-gonflement des argiles (RGA), des milliers de foyers à travers la France voient leur maison se fissurer en raison du mouvement du sol. Le mécanisme est simple. L’été, notamment lors des épisodes de sécheresse, le sol se rétracte. L’hiver, lorsque les pluies deviennent abondantes, il se gorge d’eau et gonfle comme une éponge. Ce mouvement du sol fait bouger les fondations des bâtiments.
Longtemps épargnée par ce phénomène, la Bretagne n’y échappe plus aujourd’hui en raison du changement climatique. Pour contrecarrer les effets du retrait-gonflement, il existe plusieurs solutions préventives, à mettre en place avant même l’apparition de fissures. Ces solutions ont pour but de maintenir une teneur en eau la plus constante possible dans le sol.
1 Attention à la végétation trop proche de la maison
L’indicateur le plus visible à l'œil nu concerne la végétation, et essentiellement les arbres, dont les racines sont profondes et peuvent absorber des quantités importantes d’eau. Les arbres prélèvent en effet des quantités d’eau importantes dans les sols, jusque dans les fondations de la maison. Et participent ainsi à leur rétractation. « On considère que l’influence d’un arbre adulte peut se faire sentir jusqu’à une distance équivalente à une fois et demie sa hauteur », indique la Cour des comptes dans un rapport suite à la sécheresse de 2022. Il est donc recommandé de tenir les arbres éloignés de la maison, « à une distance égale à 1,5 fois leur taille à maturité ».
Si un arbre est déjà présent à proximité immédiate de la maison, « l’installation d’écrans ou de murs anti-racines dans le sol permet de bloquer le développement racinaire vers la maison », conseille le Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique. Un élagage régulier de ces arbres est également recommandé pour limiter leur besoin en eau.
2 Maîtriser l’évacuation des eaux pluviales
« 18 % des habitations diagnostiquées sont concernées par des problématiques liées aux réseaux d’évacuation des eaux pluviales », pointe Léa Thorel dans sa thèse « Le Retrait-Gonflement des Argiles en France : du diagnostic d’adaptation à l’émergence d’une filière de prévention ».
La solution réside dans l'entretien des toitures, des regards et des gouttières. « Tout cela contribue à réduire le risque car ainsi, vous réduisez la quantité d’eau qui va se déverser dans le sol à proximité de votre maison », ajoute François-Régis Bernicot, référent de France assureurs. En automne et au printemps, les deux saisons qui génèrent le plus de débris naturels, essentiellement des feuilles, les risques de voir les gouttières bouchées sont les plus importants.
3 Vérifier l’état des canalisations et des systèmes de drainage dans le sol
Les fuites peuvent aussi avoir lieu dans le sol, via les canalisations et les systèmes de drainage. Elles agissent ainsi comme des « pièges à eau ». Elles aussi doivent être régulièrement vérifiées et entretenues. « Dans un premier temps, le propriétaire peut réaliser des diagnostics afin de vérifier l’état des composantes de son bâtiment. Ainsi, une mesure de prévention peut être de contrôler la qualité de son réseau par une entreprise spécialisée, explique Léa Thorel dans sa thèse. La procédure pour détecter des fuites (non visibles à l’œil nu ou par le diagnostic à la caméra) consiste à mettre en charge le réseau ou réaliser un test avec de la fumée ».
Attention enfin à l’implantation des drains dans le sol, ces tuyaux perforés sur la partie supérieure qui permettent l’évacuation des eaux. S’ils sont collés à la façade de la maison, eux aussi peuvent agir comme un « piège à eau » au niveau des fondations. Il est donc conseillé d’installer ces systèmes de drainage à une distance d’1,5 à 2 mètres de la maison.