Le Samu d’Ille-et-Vilaine secoué par une crise inédite : un ex-ministre de la Santé appelé à la rescousse
« La continuité de la régulation médicale a pu être rétablie ». L’Agence régionale de santé l’affirme : la crise qui a poussé le Samu 35 au bord de l’implosion semble se calmer, grâce à des solutions de court terme. Mais comment résoudre des problèmes qui mettent sous tension le service depuis des mois ? Pour « répondre aux difficultés persistantes dans l’organisation de la réponse aux soins non programmés », quatre experts ont été mandatés, dont l’ancien ministre de la Santé François Braun, indique l’ARS.
Le malaise a éclaté au grand jour début octobre, entraînant de longues heures d’attente pour une partie des appelants. Depuis la mise en place du Service d’accès aux soins (SAS) en 2021, les patients qui composent le 15 échangent d’abord avec un régulateur médical. S’il s’agit d’une urgence vitale ou d’un cas grave, ils sont basculés vers les médecins urgentistes du Samu. Sinon, ils sont orientés vers des médecins généralistes qui conseillent alors sur la marche à suivre.
« Des journées épuisantes » au Samu 35
Une organisation qui a pris un gros coup dans l’aile lorsque ces derniers ont massivement démissionné. Dans leur collimateur : des indemnités jugées insuffisantes. Mais aussi un système ne reposant que sur une trentaine de volontaires, parfois réquisitionnés pour assurer les gardes en cas de trou au planning. En plus d’une revalorisation, ils souhaitent que toute la médecine de ville du département soit mise à contribution.
En l’absence d’une grande partie des généralistes, les cas non graves ont été redirigés vers les urgentistes. Lesquels ont à leur tour protesté contre la surcharge de travail, en démissionnant de leurs fonctions d’encadrement. « Nous faisons des journées épuisantes face à un niveau de crise jamais atteint », alertait le Dr Rémy Lucas, urgentiste au Samu 35. Avec un impact réel sur les patients. « En ce moment, il faut attendre entre deux et six heures pour obtenir un conseil de médecine générale ».
Le 15 à la recherche de solutions de long terme
Face à la gravité de la situation, l’ARS a « mobilisé sans délai l’ensemble des acteurs concernés afin de rétablir la couverture des plages de régulation des soins non programmés au Centre 15 », indique-t-elle au Télégramme. « Grâce à une étroite coordination avec le CHU de Rennes et les représentants des professionnels de santé, des médecins volontaires ont été mobilisés pour assurer les plages qui n’étaient plus couvertes. » Le week-end des 24 et 25 octobre, la continuité de la prise en charge des soins non programmés a été rétablie, assure-t-elle.
Pour ne plus en arriver là, l’institution vise aussi à « refonder durablement le fonctionnement » du service. Les quatre experts mandatés* auront la charge d’analyser le service, d’identifier les problèmes rencontrés par les soignants et de formuler des propositions concrètes pour définir une nouvelle manière de fonctionner. Et l’ARS de l’affirmer : « La priorité reste de bâtir, dans la concertation, une organisation plus solide et durable, au service de l’accès aux soins des habitants d’Ille-et-Vilaine ».
* En plus de l’ex-ministre François Braun, lui-même docteur : le Pr Karim Tazarourte (chef du service Samu 69-urgences aux Hospices civils de Lyon), le Dr Antoine Leveneur (médecin généraliste en Normandie) et le Dr Duquesnel (médecin généraliste en Mayenne).