Revue de presse

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Le personnel d’une école bretonne confie sa détresse face au « cruel manque de moyens » pour l’inclusion

Ouest-France · 06/11/2026 · ← revue

La pédagogie ne peut pas remplacer le soin…, souffle Fleur El Himeur, directrice de l’école primaire publique du Chêne Centenaire, à Nouvoitou (Ille-et-Vilaine). Ce jeudi 5 novembre 2026, dans le cadre de la grève nationale à l’appel de l’intersyndical, le personnel de l’établissement, soutenu par des parents d’élèves, était mobilisé, à partir de 11 h 30, à l’entrée de l’école, pour dénoncer les conditions et le cruel manque de moyens pour assurer l’inclusion à l’école.

Le cœur du problème : le manque de place important dans les instituts médico-éducatifs (IME). Il manque 1 400 places en Ille-et-Vilaine, estime Orianne Bellegarde, enseignante de l’école et représentante syndicale Force Ouvrière. En conséquence, les listes d’attente se bouchent et des élèves en situation de handicap - avec parfois des troubles sévères - sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir d’autres solutions que d’être accueillis dans des établissements scolaires non spécialisés.

« C’est impossible de faire notre travail »

Le personnel se fait frapper, insulter, cracher dessus…, raconte Fleur El Himeur, démunie, qui accueille deux élèves avec des troubles de violence importants, en attente de pouvoir intégrer un IME. Le fonctionnement de toute l’école est perturbé. » Sans les moyens adaptés, cette dernière interpelle régulièrement, avec le soutien d’élus et de l’Éducation nationale, l’Agence régionale de santé (ARS), responsable des IME. La réponse est toujours la même. Il faut attendre.

Mais le personnel de l’école publique s’inquiète du mal-être grandissant chez tous les élèves. Les crises sont trop importantes à gérer et avec des problématiques complexes. Nous sommes en permanence détournés de notre mission première, alertent la directrice et l’enseignante. On a beau être vigilant, il arrive qu’un des enfants casse et jette du matériel.

Ce jeudi matin, Morgane Marie, Yves Ricou et Nolwenn Horvais, trois accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), racontent aussi leur détresse et leur inquiétude concernant des enfants extrêmement violents atteints de troubles qui [les] dépassent. C’est impossible de faire notre travail. Nous ne sommes pas formés à ces situations, commente Yves Ricou. D’autres élèves avec des difficultés plus légères auraient besoin d’accompagnement. Mais on a plus le temps de s’en occuper, précise la directrice.

Une situation qui se dégrade

Nolwenn Horvais, AESH depuis une dizaine d’années, voit la situation se dégrader de plus en plus dans les écoles. Je n’ai jamais eu un cas aussi difficile. Il n’y a pas d’apprentissage possible. On est réduit à juste attendre que le temps passe avec l’élève, dans une salle isolée des autres, raconte-t-elle.

Représentantes des parents d’élèves, Marie Fayolle et Imane Chupeau sont venues apporter leur soutien au personnel de l’école fatigué. Ça fait trois ans que je vois la situation se dégrader, rapporte la seconde. Mes enfants me parlent souvent de la situation et des violences dont ils peuvent être témoins. Le personnel et les parents rappellent ensemble que les premières victimes de cette situation sont les enfants.