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« Le gaz brûle leurs yeux et leurs poumons » : un abattoir d’Ille-et-Vilaine dénoncé par une vidéo choc de L214

Le Télégramme · 29/10/2026 · ← revue

Des cochons qui se débattent contre l’asphyxie, en poussant des cris stridents. L’association de défense des animaux L214 frappe une nouvelle fois en publiant des images, difficilement soutenables, filmées à l’intérieur d’un abattoir. Dans le collimateur des militants : la Cooperl, leader français du porc et son usine de Montfort-sur-Meu, en Ille-et-Vilaine. Plus de 800 bêtes y sont tuées chaque heure, ce qui en fait l’un des plus grands abattoirs de France.

Cette technique consiste à faire respirer aux porcs une atmosphère saturée de dioxyde de carbone, en les plongeant dans une fosse. Selon L214, les animaux auraient alors la sensation de se noyer. « On est loin d’une perte de conscience instantanée et sans douleur : c’est une agonie de plusieurs dizaines de secondes pour les cochons », dénonce l’association. Pour appuyer ses dires, elle cite notamment le rapport d’un comité d’experts rattaché au gouvernement britannique. Et mobilise des artistes, notamment l’écrivaine Marie Darrieussecq, qui présente les images au public : « Le gaz brûle leurs yeux et leurs poumons ».

Une méthode légale, selon la Cooperl

De son côté, la Cooperl souligne que cette méthode, « strictement encadrée par la réglementation », est aujourd’hui la plus répandue en Europe. « Le recours au CO2 répond aux exigences commerciales de nos clients tout en appliquant des standards de production particulièrement exigeants », ajoute-t-elle dans un communiqué. Avant de mettre en avant les contrôles vétérinaires dont elle fait l’objet et d’assurer : « La protection animale est au cœur des priorités de notre coopérative ».

Pour appuyer sa campagne, L214 publie, en même temps que sa vidéo choc, l’appel de 30 vétérinaires. Ils réclament la fin de l’étourdissement au dioxyde de carbone, « source de douleur et de stress » pour les 7 millions de cochons abattus chaque année via ce protocole. L’association annonce un recours contre l’État pour obtenir son interdiction. Elle interpelle aussi Carrefour, partenaire de la Cooperl, en lui demandant d’exclure de ses rayons « les produits issus de cochons gazés ».

Un recours annoncé pour faire interdire l’étourdissement au CO2

L’enseigne de la grande distribution estime pour sa part que son fournisseur met en œuvre « une pratique standard du marché qui permet d’assurer l’absence de conscience de l’animal au moment de l’abattage ». Ses audits dans l’usine bretillienne, poursuit-elle, ont démontré « la bonne mise en œuvre du protocole et le respect des normes réglementaires ». Quant à ses engagements sur le bien-être animal, Carrefour met en avant ses actions sur les conditions de vie des bêtes, « conformément aux priorités concertées avec les associations ».

Ce n’est pas la première fois que la Cooperl, dont le siège est à Lamballe (22), fait face à une offensive des militants de L214. En novembre 2025, le président de la coopérative, lui-même éleveur, avait été ciblé personnellement à travers la dénonciation des conditions d’élevage dans ses exploitations. Comme elle l’avait fait à l’époque, la société dénonce une « stratégie militante de mise en scène décontextualisée », à partir « d’images captées de manière illicite ». Le tout au service « d’une campagne idéologique de remise en cause de la consommation de viande ».