Revue de presse

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« Le drapeau est parfois mal vu » : à 14 et 22 ans, ces deux sœurs d’Ille-et-Vilaine défendent le devoir de mémoire

Ouest-France · 04/08/2026 · ← revue

Debout ! Marche ! Lilou Ville-Minier, 14 ans, concentrée, ne veut pas faire de faux pas pour sa troisième cérémonie en tant que porte-drapeau. Tu t’arrêtes juste derrière le pupitre blanc », lui glisse discrètement Alain Decan, président de l’Union nationale des combattants (UNC) de Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine), qui lui emboîte le pas. Ce mardi 4 août 2026, la jeune collégienne enchaîne deux cérémonies commémoratives. Celle de la butte de la Maltière, en hommage aux 76 fusillés, et celle au monument de la Déportation et de la Résistance, à Rennes, à l’occasion du 82e anniversaire de la Libération.

Une histoire de sœur

J’ai fait un stage d’une journée avant de faire ma première cérémonie dimanche, confie, timidement, l’adolescente jacquolandine. On y apprend les postures à adopter et l’importance du devoir de mémoire. Je trouve que c’est important de rendre hommage aux morts. Issue d’une famille de militaires, c’est sous l’influence de sa sœur, Louane Hervé, que la collégienne Lilou Ville-Minier a rejoint la section locale de l’UNC pour être porte-drapeau aux cérémonies commémoratives. La jeune femme de 22 ans est, quant à elle, engagée en tant que porte-drapeau depuis trois ans au sein de l’UNC local. J’ai dû faire plus d’une dizaine de cérémonies. En novembre 2025, elle a même été sélectionnée, avec quatorze autres jeunes, pour être porte-drapeau et représenter la Bretagne lors de la cérémonie nationale du 11 Novembre aux Champs-Élysées, à Paris. C’était une grande émotion pour moi de serrer la main du président de la République devant l’Arc de Triomphe », racontait-elle à Ouest-France après la cérémonie.

« Le drapeau est parfois mal vu »

Dans son entourage amical, la porte-drapeau peine souvent à convaincre les autres de s’engager dans la même démarche que la sienne. Avec les gens de mon âge, c’est assez tabou. Le drapeau est parfois mal vu pour des raisons politiques, mais je trouve ça dommage qu’il soit politisé », soutient la grande sœur. Pour la plus jeune, le ressenti est un peu différent. Mes amis sont fiers de moi et certains sont même intéressés. Attirer la nouvelle génération, voilà tout l’enjeu pour Alain Decan, président de l’UNC. Les membres disparaissent et ne sont pas remplacés. Pourquoi les jeunes ne sont pas intéressés par ces associations ? Je pense qu’il y a un problème de communication, peut-être avec l’éducation nationale aussi », tente de répondre le Jacquolandin, qui essaie d’améliorer la diffusion d’information. Je suis présent au forum des associations à la rentrée de septembre, je vais vers les gens, je distribue des flyers. Ce dernier y voit aussi la responsabilité des collectifs d’anciens combattants de se rendre plus attractifs pour la jeune génération. Nous devons proposer d’autres choses pour rendre ces associations plus dynamiques et actives, comme organiser des sorties culturelles, des événements, etc.