La Région plus efficace que l'État pour lutter contre les ...
Il le dit sans détour. Le président de région, Loïg Chesnais-Girard, partage les conclusions du rapport de suivi sur la prolifération des algues vertes, publié ce 10 juillet 2026, après que Ouest-France a dévoilé l’essentiel de son contenu le 16 juin 2026. Je rejoins très largement les constats , les conclusions et recommandations du rapport. Trop souvent, les dispositifs ne sont pas suffisamment coordonnés, les contrôles de l’État inégaux et les responsabilités dispersées , écrit l’élu dans un communiqué. Loïg Chesnais-Girard souligne néanmoins les avancées : Les concentrations de nitrates dans les huit baies concernées ont diminué en moyenne de 45 % depuis 2000 (- 29 % depuis 2010), passant de 61,8 mg/L à 33,4 mg/L. Reconnaître le chemin parcouru nous oblige aussi à regarder lucidement ce qu’il reste à accomplir : 20 % des agriculteurs concernés, soit 460 sur 2 195, ne sont toujours pas engagés dans les démarches de lutte contre les algues vertes. Le temps est désormais à l’engagement de tous , poursuit-il. À propos des vasières qui concentrent 80 % des échouages d’algues vertes, le président de région estime aussi que ce chantier doit être ouvert avec la même détermination que celle déployée dans les baies sableuses .
Option décentralisation
Selon lui, la poursuite de la lutte doit s’accompagner d’une politique plus décentralisée. « Les solutions efficaces naissent sur le terrain, au plus près des bassins versants. La Région mobilise déjà 8,40 M€ sur ce 3e plan 2021-2027 pour accompagner les transitions agricoles. Le programme Breizh bocage, unique en France, a permis en quinze ans la plantation de plus de 6 000 km de haies. Des aménagements utiles qui limitent les transferts d’azote et protègent les sols , énumère le président. Il souhaite démontrer que la Région « ne saurait être le simple exécutant d’une politique dont elle ne maîtrise aujourd’hui ni les leviers essentiels ni les moyens. Il faudra donner aux territoires les responsabilités et les moyens d’agir. L’avenir de la Politique agricole commune (PAC) après 2027 sera à cet égard décisif. Les tentations du gouvernement de reprendre la main sur sa gestion constitueraient une faute politique majeure. Quand Paris décide seul, les politiques s’éloignent des agriculteurs, mais aussi des collectivités qui en assument pourtant les conséquences ». Une occasion pour Loïg Chesnais-Girard d’alerter sur les tentations du gouvernement d’assouplir certaines règles dans la loi d’urgence agricole. Nous ne gagnerons jamais cette bataille en affaiblissant les outils qui protègent nos ressources, la qualité et la quantité de l’eau , les sols qui nous nourrissent, et qui accompagnent les transitions . La Bretagne a démontré que les progrès étaient possibles. Elle doit désormais se donner les moyens d’accélérer.