La préfecture interdit le parcours proposé par les syndicats pour la manifestation du samedi 31 octobre, à Rennes
La manifestation prévue samedi 31 octobre à Rennes (Ille-et-Vilaine) est interdite. La préfète d’Ille-et-Vilaine, Emmanuelle Dubée, l’a annoncé ce vendredi 30 octobre lors d’une conférence de presse. Je n’ai pas d’accord sur le lieu de dispersion et sur le parcours, a-t-elle indiqué, après plusieurs jours de discussions avec les organisations syndicales (1).
Désaccord autour du lieu d’arrivée
Le désaccord repose principalement sur le lieu d’arrivée. Les syndicats demandaient une dispersion sur la place de la gare. La dispersion dans le périmètre de la gare un week-end de vacances scolaires ne nous semble pas permettre que la fin du cortège se passe dans de bonnes conditions, argumente la représentante de l’État. Elle refuse, également, un départ depuis la place de Bretagne. Il y a eu de nombreux commerces qui y ont été ciblés, pillés, cette place n’offre pas les garanties de sécurité, a-t-elle poursuivi.
La préfecture défendait plusieurs autres parcours. Celui que nous proposons depuis deux jours déjà, offrait la visibilité attendue par les organisateurs puisqu’il permettait un départ du Mail François-Mitterand et une dispersion place Charles de Gaulle, qui est habituellement la place de fin des cortèges, a indiqué Emmanuelle Dubée. Un parcours qui passe un peu plus loin du centre-ville, a-t-elle reconnu toutefois.
La préfète a donc signé un arrêté pour interdire le parcours proposé par les syndicats. Elle signale cependant que la porte reste ouverte, il est encore temps de se rallier au parcours que nous avions proposé. Contactés pour réagir sur ce parcours par Ouest-France, les syndicats devraient communiquer prochainement.
Une demande déposée par six syndicats
Six organisations syndicales avaient déposé un parcours en début de semaine, proposant un rassemblement à 14 h, place de Bretagne, puis un défilé jusqu’à la place de la Gare en passant par le boulevard de Guînes. Un parcours qui ne convenait pas à la préfecture.
C’est donc le scénario de la semaine dernière qui se reproduit quasiment à l’identique. Le syndicat Solidaires avait déposé un parcours vendredi 23 octobre, pour un rassemblement prévu le lendemain. Un délai trop court, selon la préfète, qui avait donc interdit le rassemblement et le défilé. Elle arguait également des risques de réitération des pillages commis le samedi 17 octobre, dans le centre-ville de Rennes.
Le tribunal administratif de Rennes, saisi en référé, avait donné raison à la préfète quelques heures avant le début du rassemblement, samedi. Il estimait que l’interdiction n’apparaît pas disproportionnée.
Un cortège malgré l’interdiction
Malgré cette interdiction, plus de 11 000 personnes avaient tout de même pris part à la manifestation. Le cortège avait déambulé sans heurts de la place de Bretagne jusqu’à la gare. Après la manifestation, quelques centaines de manifestants s’étaient dirigés vers le centre-ville. C’est à ce moment que des affrontements avaient éclaté avec les forces de l’ordre, au niveau de République.
La journée du 24 octobre avait aussi été marquée par un renforcement de la présence des forces de l’ordre. Notamment avec le déploiement de deux blindés de la gendarmerie, les Centaure.