La préfecture des Côtes-d'Armor met en demeure l'équarrisseur SecAnim de réduire ses nuisances

C'est une course contre la montre qui s'engage pour SecAnim à Plouvara. Par un arrêté signé le 21 août, le préfet des Côtes-d'Armor met en demeure l'exploitant de cette usine d'équarrissage de rétablir, d'ici au 3 septembre, le bon fonctionnement de son installation et de faire cesser les nuisances environnementales et olfactives signalées depuis plusieurs semaines. Le contexte est exceptionnel. Depuis juin, les fortes chaleurs ont entraîné une « mortalité massive inhabituelle » dans les élevages de l'ouest de la France. Mais à partir de la mi-juillet, la capacité de l'usine a diminué, provoquant des retards de traitement et une accumulation de matières sur le site.
Des anomalies relevées lors des contrôles
Lors de contrôles réalisés les 10 juillet et 20 août, les inspecteurs de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) ont constaté plusieurs dysfonctionnements. Des cadavres d'animaux étaient notamment entreposés à l'air libre, en dehors du hall de réception. Des bennes d'équarrissage pleines étaient également stockées temporairement à l'extérieur, certaines sans fermeture étanche. Dans le hall de réception, plusieurs portes escamotables étaient maintenues ouvertes et l'une d'elles était cassée. Dans la zone de cuisson et de traitement, des portes étaient également ouvertes. Au-delà du site, ces dysfonctionnements se font sentir dans les communes voisines. La préfecture fait état d'un « nombre important d'appels de plaintes » concernant les odeurs.
Une capacité de traitement à rétablir
SecAnim a pris plusieurs mesures pour soulager ses installations : limitation des volumes entrant sur le site, délestage vers d'autres usines d'équarrissage, recours à des capacités de traitement extérieures ou transfert de condensats vers d'autres stations d'épuration. Mais la préfecture considère qu'elles n'ont pas permis de revenir à un fonctionnement normal. L'arrêté impose donc à l'exploitant de sortir les cadavres et matières odorantes stockés à l'extérieur, de respecter les délais de collecte et de stockage, de maintenir fermées les portes des halls et d'effectuer les réparations nécessaires. Il doit aussi rétablir une capacité de traitement suffisante pour que les matières ne restent pas plus de 24 heures sur le site. Dans les six mois, l'entreprise devra réaliser une étude de dispersion des odeurs et présenter un plan d'action pour gérer son activité dans ces conditions. La préfecture rappelle que le non-respect de ces prescriptions peut conduire à des sanctions administratives, allant notamment de la consignation à la suspension de l'activité.