La plainte de Pierre-Yves Cadalen contre Maël de Calan vire au procès politique
Poursuivi par le député insoumis Pierre-Yves Cadalen pour diffamation, le président du Conseil départemental du Finistère a choisi, dans le sillage de l’avocat richard Malka, d’en faire un procès politique. Le tribunal se prononcera le 22 octobre. Please close pop-out player to resume playback. Ils n’ont pas échangé un mot, à l’extérieur comme dans le tribunal judiciaire de Brest. Mais dans la salle d’audience, on a parfois cru que Pierre-Yves Cadalen et Maël de Calan avaient échangé leur place, tant cette affaire de plainte en diffamation portée par le député insoumis brestois a longtemps pris des allures de procès du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Maël de Calan l’avait revendiqué ces derniers jours : il entendait faire de cette audience une « tribune politique contre La France insoumise ». Ses propos du 27 décembre dernier, sur le plateau de la chaîne Tébéo, où il qualifiait Pierre-Yves Cadalen d’« antisémite et factieux, en tout cas [qui] soutient des positions factieuses et antisémites » ? Il les revendique fortement à la barre. « Je les ai tenus avant et j’ai eu l’occasion de les répéter après. » Mais pourquoi avoir personnalisé ces attaques sur le député brestois ? « Pierre-Yves Cadalen ne m’intéresse pas comme personne », évacue de Calan au sujet de son opposant politique. « Mais il est un cadre de La France insoumise, donc il en partage les valeurs », précise-t-il, rappelant que ses déclarations survenaient « à une période où La France insoumise est taxée d’antisémitisme par tous les partis de gouvernement et où l’on parle de plus en plus de sa violence ». En face, Pierre-Yves Cadalen rejette la bataille politique, dit vouloir laver une « blessure personnelle profonde. Je sais que la polémique peut être violente. Mais là, une limite grave a été franchie : je suis viscéralement et passionnément antiraciste », dit celui qui réclame une condamnation à l’euro symbolique. Et lorsque le président Jublin l’interroge sur les « phrases hors programme » de Jean-Luc Mélenchon qui pourraient peut-être prêter le flanc aux accusations en antisémitisme, il choisit l’esquive : « Il peut y avoir des maladresses, mais on est ici pour des propos qui me visent personnellement ».
« Le relais discipliné des positions de son parti »
Même sous le feu des questions de l’avocat parisien Richard Malka, spécialiste de ces dossiers, qui le mitraille de questions sur une longue liste de propos tendancieux tenus par des figures par LFI, il ne variera pas de cette ligne : « Je ne répondrai à rien qui n’ait pas de lien avec moi et ma démarche ». David Rajjou, son conseil brestois, cible d’ailleurs l’absence de fondements des accusations portées par Maël de Calan sur le plateau de Tébéo. « Un tour de passe-passe ! Quel acte personnel de Pierre-Yves Cadalen permettait de prononcer cette accusation ? Aucun. » Raphaël Kempf, son conseil parisien, poursuit en ciblant Maël de Calan : « Voilà quelqu’un qui a pour habitude d’attaquer ses adversaires politiques en les salissant ».
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Qu’importe, dans sa longue plaidoirie, qui vient conclure plus de six heures d’audience, Richard Malka persiste d’une violente diatribe : « Son parti est l’acteur majeur de la résurgence de l’antisémitisme en France. Et Cadalen, c’est le relais discipliné de toutes les positions de LFI », conclut-il en réclamant la relaxe pour Maël de Calan et la condamnation de l’Insoumis à lui verser 10 000 euros pour « abus de droit ». Le tribunal rendra son délibéré le 22 octobre prochain.