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« La pire crise depuis 25 ans » : le secteur associatif au bord du plan social géant à Rennes

Le Télégramme · 05/09/2026 · ← revue

Par Julien Joly, Le Mensuel de Rennes

Tenaillées par la baisse de leurs financements, des associations rennaises sont contraintes de se séparer de leurs salariés, entre licenciements et postes non remplacés. Mais toutes ne sont pas impactées de la même manière. Le chiffre fait l’effet d’un coup de massue. En difficultés financières, les associations rennaises auraient supprimé entre 1 500 et 2 000 emplois en 2025, et 8 % auraient vu leurs salariés partir d’eux-mêmes. Soit l’équivalent d’un plan social d’une envergure inédite dans un secteur qui, s’il était une entreprise, serait un des plus gros employeurs locaux. Ce signal d’alerte a été lancé par René Mélou, président de France bénévolat 35, le 12 janvier chez nos confrères de Ouest-France. L’enjeu est d’autant plus important que les 7 000 associations rennaises (dont 1 162 sont employeuses) constituent un rouage irremplaçable de la vie démocratique locale.

Le Mensuel de Rennes

Magazine curieux et (im)pertinent ! DécouvrezQuel crédit donner à ces chiffres dans un secteur où l’emploi se révèle aussi diffus que les statistiques sont rares pour les recenser ? « 2 000 emplois supprimés, c’est tout à fait réaliste », estime Frédéric Brémond, vice-président du Mouvement associatif rennais, un des porte-paroles du secteur, qui nuance : « Ce ne sont pas forcément des emplois à temps plein. Un poste peut être partagé entre plusieurs employés à temps partiel. » Outre les licenciements, on peut voir des non-renouvellements de CDD et des ruptures conventionnelles. Please close pop-out player to resume playback. - video playingÀ 95 ans, cette habitante de Brest est passionnée de Taï-Chi depuis 30 ans27/08/26 - « C’est une ville plaisante » : ces Écossais à Quimperlé tous les étés depuis 15 ans10/08/26 - Anne-Marie va s'élancer sur son dernier marathon, à 85 ans !01/09/26 - Une résidence séniors évacuée en urgence près de Rennes après un incendie31/08/26 - Plourin-lès-Morlaix: atteint de troubles de l’attention, Aimé, 12 ans, ne sait toujours pas où il fera sa rentrée28/08/26 - Cinq ans après, Géraldine et Marc ne regrettent pas d'avoir repris le manoir de Kerlédan24/08/26 - Un karaoké géant au Festival du Roi Arthur à Bréal-sous-Monfort !22/08/26 - « Voir le canal d’une autre manière » : à Pont-Triffen, l’Embarcadère insuffle une nouvelle vie à l’écluse21/08/26 - Michel, 78 ans et major de promo !20/08/26 - « Surf, nage, trail... Tout est au même endroit » : Le pays de Quimperlé, idéal pour les vacances de ce sportif16/08/26 - « Je le fais naturellement, je m’en rends même pas compte » : au Motocultor, quel est le secret du « head banging »15/08/26 - Alma Le Bechennec, 34 ans, est la première femme à boucler un tour de l'île de Groix à la nage.12/08/26 - La nuit de la Fête du Blé a tenu toutes ses promesses09/08/26

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À l’inverse, Christophe Fouillère, adjoint rennais à la vie associative, « ne confirme pas ce chiffre ». « France bénévolat annonce une projection du potentiel d’emplois impactés, pas des suppressions nettes. Aujourd’hui, on a globalement des associations plutôt en bonne santé. Néanmoins, on en suit aussi quelques-unes avec des situations de fragilité, dont on anticipe l’aggravation en 2026 et 2027. On n’a pas de données claires montrant une suppression d’emplois en nombre, dans le secteur associatif rennais, sur 2025 ou 2026. » Comment se porte l’emploi associatif à Rennes ? Un flou étonnant plane sur le sujet, alors que les statistiques abondent dès qu’il s’agit de chiffrer la santé financière des entreprises. « L’emploi associatif a progressé de 20 % à Rennes sur une décennie, poursuit l’élu. Mais la contraction des finances publiques après le Covid amène à se demander si cette augmentation est toujours en cours, stabilisée ou en baisse… » Les associations rennaises employaient 13 864 salariés en 2023, soit 14 % de l’emploi salarié de la ville (lire ci-contre). La plupart des établissements n’ont qu’un salarié. Les principaux secteurs employeurs sont l’action sociale et l’enseignement, puis la santé, le sport et la culture. Si chacun bataille sur les chiffres, tout le monde s’accorde sur un point : le monde associatif vit une période de difficultés et de contraction d’activité qui affecte fortement son fonctionnement. Au niveau national, une enquête menée auprès de 5 557 dirigeants associatifs par le Mouvement associatif, le RNMA et Hexopée montrait une forte fragilisation des associations en 2025. Faute de trésorerie suffisante, 40 % déclaraient qu’elles réduisaient leur masse salariale, et 9 % qu’elles procédaient soit à des licenciements soit à des plans de sauvegarde. Une tendance qui serait en augmentation. « Je n’ai jamais vu une crise aussi grave depuis 25 ans », affirme Richard de Logu, directeur de l’association rennaise Bug, qui accompagne de nombreuses structures sur le plan juridique à la Maison des associations. « On constate qu’en interne, la perte de financements fait naître des tensions entre les dirigeants et les salariés. » Avec le risque que certains jettent l’éponge, épuisés par les enjeux financiers au lieu de consacrer leur énergie au projet d’origine. En cette année de 125e anniversaire de la loi du 1er juillet 1901 consacrant la liberté de s’associer dans un but non lucratif, l’heure n’est pas à la fête. Et les exemples pullulent. En 2025, le Jardin moderne a supprimé le poste de sa codirectrice, après la perte de 50 000 € de subventions départementales en deux ans. À la Maison de la consommation et de l’environnement, quatre postes financés par l’État ont disparu. Aux Trans musicales, quatre postes seraient « prévus d’être supprimés » sur 17 emplois permanents, soit plus de 20 % des effectifs, selon la CGT. La faute aux coûts de production en hausse et aux baisses de subventions. Pourtant, depuis 2022, le prix des billets a déjà augmenté plusieurs fois. L’Usep 35, une fédération qui organise des événements sportifs dans des écoles publiques, a perdu 7 000 € de subventions en 2025, obérant la signature d’un CDI à un salarié actuellement en contrat précaire. « Cela fait deux ans qu’on alerte, réagit Antoine Tredez, d’Hexopée, organisation professionnelle représentative de l’Économie sociale et solidaire (ESS). Outre la vague inflationniste, les efforts demandés par l’État aux collectivités locales se traduisent le plus souvent par une baisse de crédit aux associations. » En 2025, le Département d’Ille-et-Vilaine avait déjà diminué de moitié ses subventions aux associations sportives et culturelles, en raison de la chute des recettes tirées des droits de mutation parallèlement à une hausse des dépenses sociales. Même s’il a retrouvé une petite marge de manœuvre pour le monde associatif en 2026.Les atermoiements autour du budget de l’État, empêtré dans l’équilibrage des finances publiques, ajoutent à la déstabilisation, de même que la disparition des contrats aidés. « On a été impactés par le retard dans l’adoption des projets de loi de finance, juge Christophe Fouillère. Et même une loi adoptée n’empêche pas les crédits d’être gelés en cours d’année. Cela crée une forme d’imprévisibilité. » Il note toutefois que « le territoire rennais est solide ». « 76 % des associations rennaises bénéficient d’un soutien public qui n’est pas forcément un financement, mais aussi des mises à disposition de matériel ou de locaux municipaux pour un loyer modique, rappelle-t-il. Par ailleurs, depuis la flambée des prix de l’énergie, on ne refacture plus les fluides. » Rennes est moins mal lotie que d’autres territoires. La municipalité n’a pas procédé à des coupes massives de subventions. Au contraire, elle a maintenu en 2026 son Fonds d’aide à la vie associative (FAVA) et consacre 58 M€ au soutien des associations et partenaires dont 16,6 M€ au Centre communal d’action sociale (CCAS). Enfin, la Maison des associations propose des accompagnements spécifiques au sein du 360 à Charles-De-Gaulle. Pour autant, les structures doivent trouver des financements alternatifs, qui ne sont pas légion… Certaines d’entre elles se tournent vers le mécénat privé, mais cette manne est difficile à activer. Et elle n’est pas compatible avec toutes les activités. Un centre social de quartier ne peut pas aller chercher de financements privés de la même façon qu’une fondation d’art contemporain. Démarcher certains fonds, européens par exemple, demande une certaine expertise technique au moment du montage du dossier, et la surface de trésorerie suffisante en attendant le versement. Pour ne se séparer de personne, certaines assos pourraient aussi être tentées de réviser leurs grilles tarifaires ou le coût de leurs adhésions, ce qui exclurait une partie des publics. Si le Planning familial 35 a pour l’instant réussi à ne supprimer aucun poste, cette épée de Damoclès pèse sur le moral des salariés et du conseil d’administration (composé intégralement de bénévoles). Elle conduit à des arbitrages difficiles. Ainsi, l’activité des psychologues est passée de 1,65 Équivalent temps plein (ETP) en 2025 à 1,32 en 2026. Ce qui n’est pas sans impact sur la qualité de l’accueil individuel. Un fait confirmé par le détail de son dernier rapport d’activité. Le 1er avril 2025, François Bayrou, alors premier ministre, s’interrogeait face au Conseil économique, social et environnemental (CESE) : « Qu’est-ce qui tient les associations ? Rien ou pas grand-chose », alors même qu’elles constituent « le tissu qui permet à la société de tenir ».

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Les associations sont un maillon du service public, mais aussi du lien social, quand il ne s’agit pas de défendre les consommateurs ou de jouer le rôle crucial de vigie environnementale. Qu’elles vacillent à l’heure où montent les extrémismes ne constitue pas un signal positif. « 2027 sera un désastre, c’est sûr, avec un impact non négligeable sur les activités sportives, culturelles et sociales, craint Richard de Logu. L’État risque de ne pas accoucher d’un budget qui tienne la route. On ignore quelles seront les dotations des collectivités territoriales. Même si c’est 1 000 fois pire dans d’autres villes, tout cela représente un affaiblissement de la démocratie. »

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« La pire crise depuis 25 ans » : le secteur associatif au bord du plan social géant à Rennes S'abonnerColle structurale polyuréthane (PUR) RapidColle structurale Rapid PUR pour raccords collés haute résistance dans les applications professionnelles et industriellesPropriétés adhésives éprouvées. Groupe de contraintes D4 testé conformément à la norme DIN/EN 204 par l'IFT de Rosenheim. Conforme à la norme DIN EN 14257 (WATT 91) relative à la construction des fenêtres. Adhère sur une grande diversité de matériaux. * Peut ensuite être revêtue par des peintures thermolaquées à base de poudre (+200 °C pendant 30 minutes maxi). * Compatible avec la pierre naturelle. Pâteuse, thixotrope. Du fait de sa composition thixotropique pâteuse, la colle ne coule pas et ne goutte pas ; elle permet donc de travailler sur des supports verticaux. Légèrement moussante, la colle est donc parfaitement adaptée à une utilisation sur des surfaces légèrementWurth |

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