Revue de presse

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« La passion m’est arrivée et ne m’a jamais quitté » : Michel Hommell, l’homme derrière le destin automobile de Lohéac

Ouest-France · 26/08/2026 · ← revue

Rendez-vous était donné à onze heures précise. Michel Hommell, 82 ans, nous attend sur le pas de la porte de sa maison, construite en pierres rouges du pays, au cœur du bourg de Lohéac (Ille-et-Vilaine). La bâtisse date de 1650. C’était autrefois une demeure aristocratique , raconte-t-il. Il est tombé amoureux du village en 1973, alors qu’il cherchait à s’installer en Bretagne, lui, le fils de paysan lorrain. Michelle Hommell est née le 20 février 1944, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), dans une famille d’agriculteurs. Il grandit dans la ferme familiale, à Tomblaine, aux portes de la ville, où se trouve le stade Marcel Picot, antre du club de football de l’AS Nancy Lorraine. Mais ce n’est pas le ballon rond qui le passionne, c’est l’automobile. La technique, la mécanique, tout ce qui attrait aux moteurs et aux vrombissements qu’ils produisent. Un jour, dans le village de ma grand-mère, il y avait une centaine de voitures réunies pour un rallye. C’est là que j’ai eu le déclic. La passion m’est arrivée et ne m’a jamais quitté. À 17 ans, il restaure sa première voiture. Une Renault MT de 1925 achetée pour 40 francs… Plus tard, une Dauphine 1093, sa première voiture de rallye, jusqu’à une R8 Gordini, symbole d’une époque où une petite coupée carrée aux phares ronds fait rêver tous les jeunes hommes. J’avais acheté deux voitures accidentées pour n’en faire qu’une. C’est le moment du grand tournant. Avec sa Gord’, il s’engage en 1966-1967 et 1968, dans l’inoubliable coupe R8 Gordini. J’ai gagné quelques courses ! prévient l’éternel compétiteur. Mais le temps passe et c’est déjà le moment du choix douloureux : piloter, ou devenir éditeur de presse, alors qu’il officie déjà depuis un certain temps dans ce domaine à Paris (Île-de-France). J’ai choisi l’activité la plus raisonnable. Il lancera des dizaines de magazines consacrés au sport automobile. Jusqu’à ce jour de 1973, et son installation à Lohéac. Le rallycross n’existait pas en France. En 1973, j’arrive ici. Je sympathise avec le comité des fêtes. Des Bretons attachants, courageux, qui voulaient que je leur apporte une nouvelle idée. Trois ans plus tard, en 1976, le premier rallycross de France est né. Des pilotes étrangers viennent participer à la compétition, et le public répond présent. Au fil des décennies, la course devient l’identité même de Lohéac, attirant chaque année des dizaines de milliers de spectateurs. J’ai eu la chance de me reposer sur des gens compétents, travailleurs, qui n’ont jamais rien négligé, pour que ce soit toujours une superbe manifestation , souligne Michel Hommell. Si, aujourd’hui, l’énergie est moins présente dû aux difficultés de la vie, l’octogénaire continue de s’investir sans compter dans le Manoir de l’automobile, le musée aux quelque 400 véhicules qu’il a ouvert en 1988, à Lohéac, toujours. À partir de vendredi, derrière chaque vrombissement résonnera l’histoire d’un homme qui, il y a plus de cinquante ans, a transformé sa passion en une aventure devenue l’âme d’un village.