L’installation de cette exploitation de 40 000 poules pondeuses fait débat près de Vitré
C’est le projet d’une vie ». Au lieu-dit La Richardais, à Louvigné-de-Bais (Ille-et-Vilaine), Emmanuelle et Régis Poulard, en reconversion, ont choisi d’installer un élevage de 40 000 poules pondeuses plein air. Tout a commencé il y a trois ans. Emmanuelle Poulard, alors technicienne en laboratoire routier, décide avec son mari de revenir au monde agricole. J’ai toujours aimé les animaux. Mes grands-parents avaient un poulailler et mes beaux-parents étaient agriculteurs , explique la future éleveuse. Le couple a repris une exploitation de 102 hectares. Après avoir contacté plusieurs groupements, les deux agriculteurs ont finalement choisi le conventionnel.
Un projet contesté par les écologistes
Le projet suscite l’opposition des Écologistes du pays de Vitré. Pour Carine Pouessel, conseillère municipale, il s’agit d’un trop gros projet, à rebours du besoin d’une agriculture à taille humaine, en période de changement climatique . L’élue s’inquiète notamment de la qualité de l’eau. Un ruisseau se trouve en contrebas de la parcelle des Poulard et rejoint La Valière, qui est d’ores et déjà en mauvais état écologique , selon la dernière mesure de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Les fientes, mais aussi les produits utilisés pour nettoyer le bâtiment, pourraient, selon elle, contribuer à dégrader le milieu aquatique. L’association Eau et rivières de Bretagne a, elle aussi, formulé des réserves, dans un avis adressé au préfet, au sujet de la proximité du captage de La Valière. Les écologistes regrettent également l’abandon du projet d’agriculture biologique au profit d’un élevage conventionnel. Ils demandent : l’arrêt du projet en l’état et la conservation de ces terres en agriculture biologique .
« On est en règle sur tous les points »
Face à ces critiques, Emmanuelle Poulard assure que le projet a été construit dans le respect des règles. On a l’impression de passer notre temps à se justifier, alors qu’on est en règle sur tous les points. On en fait même plus que demandé , souffle-t-elle. Les gens veulent du plein air, et surtout du français. Pas toujours du bio , défend l’agricultrice. Les exploitants conservent par ailleurs une activité de culture de céréales biologiques, et prévoient de planter des haies dans le cadre du programme Breizh Bocage. Ils s’engagent également à planter trente arbres par hectare sur l’exploitation, soit plus de 1 800 boutures.
Un accès à l’extérieur
C’est un élevage plein air, sous le code 1. Les poules disposeront donc d’un accès extérieur et d’un parcours de 19 hectares, soit 4 m² par animal. Le bâtiment est ouvert constamment. Les poules sortent quand elles veulent , assure Emmanuelle Poulard. À l’intérieur, la densité sera de neuf volailles par mètre carré, sans cages, dans un système de volière. C’est comme un grand poulailler. C’est ouvert de partout, les poules peuvent se balader, utiliser des rampes, plateformes, nids et abreuvoirs , détaille-t-elle. Concernant les fientes, l’éleveuse explique qu’elles seront séchées sur un tapis, avant d’être stockées dans un bâtiment fermé. La fiente est sèche, ça ne coule pas. Nous sommes suffisamment éloignés du ruisseau, à 200 mètres , affirme-t-elle. Le permis de construire et l’avis préfectoral ayant été obtenus, le chantier se poursuit, pour une fin prévue en mai 2027.