« Je suis tellement heureuse » : installée en Bretagne, cette Américaine célèbre la victoire des démocrates aux Midterms 2026
Aux États-Unis, les démocrates ont décroché la majorité absolue au Sénat, repris le contrôle de la Chambre des représentants et infligé un cinglant revers à Donald Trump lors des midterms 2026. Vous attendiez-vous à une telle « vague bleue » ?
Nancy Lowe : Je m’attendais à un virage significatif, mais pas à une victoire d’une telle ampleur pour le camp démocrate. Je suis tellement heureuse.
Avez-vous pu voter facilement depuis Rennes ? Et comment avez-vous suivi la soirée électorale avec le décalage horaire ?
Oui, c’était très simple. J’ai demandé mon bulletin de vote en ligne, je l’ai reçu quelques jours plus tard et je l’ai renvoyé par Internet. J’ai veillé jusqu’à minuit hier à Rennes pour suivre le début du dépouillement, puis je me suis réveillée à 6 heures pour découvrir les résultats J’ai surtout consulté la carte électorale interactive du New York Times pour suivre l’évolution du dépouillement.
Des États traditionnellement républicains comme le Texas, la Caroline du Sud ou le Kansas ont été gagnés par les démocrates. Comment analysez-vous ce succès éclatant ?
Je suis originaire de Géorgie et j’ai vécu environ sept ans en Caroline du Nord, un État extrêmement conservateur : je connais bien ces territoires. Il y a toujours eu des poches d’électeurs progressistes, mais ces dix dernières années, j’ai vu beaucoup d’électeurs de Trump être attisés par des discours de haine raciale et xénophobe ou par la désinformation de médias comme Fox News. Sauf qu’aujourd’hui, la situation économique est devenue critique pour énormément de gens : l’augmentation du prix du panier de courses, celui de l’essence, la guerre avec l’Iran… Tout cela a instillé le doute, même chez les plus fidèles partisans de Trump. Transférer la richesse des travailleurs vers les milliardaires est une stratégie qui ne fonctionne qu’un temps. À un moment, les gens réagissent, et ils le font avec colère.
Donald Trump avait tenté de transformer ce scrutin en référendum sur sa personne. Est-ce un désaveu personnel particulièrement fort pour lui ?
Je l’espère. Il n’est pas intelligent, mais il est rusé, sans scrupule, et il détient encore un pouvoir et une fortune colossale. J’imagine qu’il trouvera le moyen de s’en sortir et d’esquiver toute véritable conséquence.
Qu’espérez-vous pour la suite ? Que va changer concrètement ce basculement du Congrès américain ?
Je suis prudemment optimiste, mais je sais qu’il y a des limites à ce qui peut être accompli : la Cour suprême reste contrôlée par les républicains. Le gouvernement fédéral ne fonctionne plus et les infrastructures du pays ont subi des dégâts considérables : sur la diplomatie et notre réputation internationale, sur la santé publique et le droit des femmes, sur la sécurité des personnes issues de l’immigration, sur la protection de l’environnement, la science, l’éducation… Il y a tant à faire aujourd’hui. On a un peu l’impression d’être au lendemain d’un bombardement massif : on peut être soulagés que le pire soit passé pour un temps, mais il faut maintenant évaluer les dégâts et comprendre comment tout reconstruire.