Revue de presse

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« Je suis profondément indigné » : à Rennes, la gauche règle ses comptes au conseil municipal autour de l’hébergement des exilés

Le Télégramme · 29/09/2026 · ← revue

À Rennes, les années se suivent et se ressemblent tristement. En ce début d’automne 2026, des familles d’exilés vivent à nouveau dans des conditions difficiles sur un campement de fortune. Près de 130 personnes, dont une cinquantaine d’enfants, sont installées dans le parc de Beauregard, au nord de la ville. Un chiffre qui évolue en fonction des arrivées et des départs, lorsque les familles obtiennent une place dans les différents dispositifs d’hébergement ou via les associations.

Et comme à de nombreuses reprises, ces tensions franchissent les murs du conseil municipal, ce lundi 28 septembre. Cette fois, l’interpellation n’est pas venue des collectifs de bénévoles mobilisés sur le terrain. C’est la députée LFI Marie Mesmeur, élue sur les bancs de l’opposition depuis les municipales de mars, qui porte la voix. Et ce, dès l’ouverture des débats, profitant de son temps d’expression politique.

Marie Mesmeur réclame une « mobilisation collective »

« Collègues, je m’adresse à votre engagement initial : pourquoi faites-vous de la politique ? », lance-t-elle à la majorité, menée par la maire Nathalie Appéré. « Pour changer les choses, j’en suis sûre. Sans doute aussi car vous ne voulez pas que des êtres humains, des enfants, soient maltraités. » Car il s’agit bien de maltraitance pour l’insoumise, qui pointe, par exemple, l’absence d’électricité sur le camp pour faire les devoirs le soir et les conditions d’hygiène alarmantes.

Marie Mesmeur prend malgré tout soin de « remercier » la Ville, qui héberge à ses frais près de 950 personnes, alors que cette mission relève de l’État. Sans, pour autant, épargner la gauche institutionnelle rennaise. « Je viens avec une demande simple : que nous interpellions, collégialement et publiquement, l’État et le gouvernement. Je ne crois pas que le silence, ou les échanges de couloirs changent réellement les choses, sinon, on n’en serait pas encore là. » Et de lancer : « N’y voyez aucun mépris, juste un appel à l’aide et à la mobilisation collective, d’une seule voix. »

264 personnes sorties du campement, rappelle la municipalité

C’est moins cette critique que les expressions publiques de la députée sur les réseaux sociaux qui font tiquer l’adjoint à la solidarité. David Travers profite d’une délibération sur un programme d’accueil de personnes exilées pour régler ses comptes. Il n’a pas apprécié que la députée accuse la municipalité, le 18 septembre, de « tourner le dos » aux exilés. « Permettez-moi de vous dire que je suis profondément indigné », lance-t-il en direction de Marie Mesmeur. « Vous savez que la compétence exclusive de l’hébergement revient à l’État mais vous pointez la Ville, dans une obsession politique évidente. »

Avant de se lancer dans une défense en règle de la politique municipale. « Est-ce tourner le dos que d’être le seul acteur institutionnel présent chaque semaine sur le campement ? (…) De scolariser tous les enfants et de dialoguer, chaque semaine, avec l’État sur toutes les situations ? » Depuis les débuts du camp en mars, l’action des services municipaux a largement contribué à trouver une solution pour 264 personnes, dont 53 familles et 112 enfants au total, selon l’élu. C’est finalement la maire Nathalie Appéré qui conclut la démonstration : « La Ville œuvre quotidiennement. C’est un engagement ancien et unique par son ampleur, tant dans l’action que dans l’interpellation permanente de l’État. Nous avons toujours été sans ambiguïté. »