Revue de presse

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« Je n’ai jamais vu ça » : près de Redon, pourquoi des habitants sont envahis par des millards d’insectes ?

Ouest-France · 07/08/2026 · ← revue

Ça grouille ! , lance Julien Porcher, résidant du lieu-dit La Jostais, en montrant du doigt sa rue. Depuis le 3 août 2026, des habitantes et habitants de Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Atlantique) font face à une invasion d’insectes. Dans l’herbe, sur les façades de leurs maisons, sur les rebords de leur piscine, ces petites bêtes rampantes sont partout. Si elles ne les attaquent pas, ni eux, ni leurs animaux, la cohabitation demeure contraignante.

On ne laisse pas les portes ouvertes, on a tout barricadé

, témoigne Olivia Garoche, vivant à quelques mètres de la maison de Julien Porcher. Avec son compagnon, ils ne peuvent plus profiter de leur terrasse, ni de leur piscine. Agglutinées dans les coins de leur maison, elles forment des petits tas et se déplacent en continu. Au risque de faire entrer ces minuscules insectes, impossible non plus d’aérer. Dès qu’il y a du vent, elles s’envolent , constate Julien Porcher.

Des milliards d’insectes

Malgré les tentatives, rien n’y fait, ces insectes ne semblent pas disposés à partir. Il faut dire qu’ils sont très nombreux, des milliards , selon les habitants. Au début, on essayait d’arroser, mais on a abandonné , se désole Olivia. Les surfaces infestées sont très larges et lorsque les insectes semblent avoir disparues, de nouvelles apparaissent. Un dératiseur, interrogé par les habitants a admis n’avoir jamais vu ça . Des punaises des champs ou de céréales ? Après plusieurs jours à les observer et en se renseignant sur internet, les habitants de La Jostais pensent avoir découvert de quelle espèce il s’agirait. Ce serait des punaises de céréales, aussi appelées punaises des champs, qui se propageraient à proximité des champs de colza. Cette hypothèse corrobore avec l’autre signalement, reçu par la mairie de Saint-Nicolas-de-Redon, dans le secteur de La Finetais, où l’on retrouve le même type de culture. D’après la municipalité, il n’y aurait aucun risque pour les riverains.

Aucun risque

C’est aussi ce que soutient Enna Loel, entomologiste spécialisée dans les punaises, à l’Office pour les Insectes et leur environnement (OPIE). Parmi toutes les espèces de punaises qui existent en France, aucune n’est dangereuse. Ce qui va déranger, c’est plus le nombre , rassure la spécialiste. Si elle ne peut pas certifier qu’il s’agisse bien de punaises, ni de quelle espèce spécifique sont infestés les habitants, elle donne quelques pistes pour comprendre ce phénomène. Contrairement à ce qu’ont supposé les riverains, les fortes chaleurs subies actuellement n’ont rien à voir avec la prolifération des punaises. Il y a des booms annuels de naissances, comme pour les baby-booms , explique Enna Loel. Les insectes avaient déjà pondu dans le secteur l’année dernière, ils sont simplement nés ces derniers jours. Différents facteurs peuvent expliquer l’apparition de punaises dans la région, notamment le changement climatique. Celui-ci pourrait avoir poussé les insectes à migrer du sud vers la Bretagne pour fuir la chaleur. Mais la spécialiste maintient : Il reste difficile de connaître les causes, ça reste multifactoriel . Si les habitants et la municipalité espèrent que la pluie fasse fuir ces insectes, rien n’est moins sûr. D’après la spécialiste des insectes, il faut attendre que les punaises meurent. Ça peut durer plusieurs semaines , affirme-t-elle. Pour l’heure, l’entomologiste déconseille d’utiliser des insecticides, ceux-ci pouvant être nocifs pour les êtres humains. En plus de s’armer de patience, elle suggère une astuce : On peut faire un peu comme dans le Sud, mettre des moustiquaires aux fenêtres.