« Je me suis senti capable de me lancer » : cet architecte dinardais va prendre le départ de la Route du Rhum
Après des études d’architecture à Paris et de design naval en Grande-Bretagne, Christophe Bachmann a fait ses armes dans des agences parisiennes, avant de jeter l’ancre à Dinard. Son amour de la mer et sa passion de la voile l’amènent à créer son agence sur la côte bretonne, où il s’est très vite forgé une solide réputation. Régatier dans l’âme, il prendra le départ de sa première Route du Rhum, en classe Vintage sur « Grain de sable » : un monocoque de 25 m en aluminium. Rencontre avec cet amoureux de la mer et des navigations.
Qu’est-ce qui vous attire dans cette aventure ?
Christophe Bachmann : « La préparation ! C’est un travail d’équipe, comme un projet d’archi. Il faut tout anticiper et avant de partir sur un espace de liberté qui est, à mon sens, le plus grand espace de liberté au monde. Car une fois qu’on a dépassé les côtes espagnoles, on ne croise plus grand monde ! »
Votre bateau à 25 ans, mais semble toujours taillé pour la course au large ?
« En 2004, Jean Luc Van Den Heede a battu le record du monde à l’envers avec ce bateau baptisé à l’époque « Adrien » qui avait aussi fini sur le podium du Vendée Globe. C’est un bateau en aluminium, infatigable. Dès qu’on monte dessus, on a envie de partir loin. Et quand on rencontre deux mètres de creux, on le sent à peine. »
Vous appréhendez ce départ mythique ?
« J’ai confiance au bateau. Le pire c’est la fatigue. Il faut savoir gérer son sommeil. Si tu es cramé, tu fais des conneries, des mauvaises manœuvres, tu prends de mauvaises décisions. Le danger en solo c’est de se blesser. »
Pour un Dinardais, participer à la Route du Rhum, ç’a une saveur particulière ?
« C’est un rêve ! Originaire de l’Est de la France, je suis la route du Rhum depuis toujours. La première édition avec Alain Colas, Tabarly, on suivait de loin la course avec mon père sur une carte. Alors très vite je suis venu à Saint-Malo regarder de près ces géants des mers. C’est resté ancré en moi et je me suis ensuite lancé dans les premières courses au large en double. Et je m’étais dit que jamais je ne partirais en solitaire. Dix ans après je me suis senti capable de me lancer. »
Avec la classe vintage, la course offre une seconde carrière sportive à ces machines historiques et répond à un défi environnemental majeur. Cette catégorie est essentielle aujourd’hui ?
« On touche le grand public, avec un budget dix fois moins important. Finalement si tout le monde se fait plaisir, à moindre coût, c’est une vraie réussite. Donc je pense que c’est une classe qu’on va voir de plus en plus sur les grandes courses ».
Quel est votre objectif sur votre bateau « Grain de sable » ?
« L’idée c’est de faire la route la plus direct possible, comme c’est un bateau censé affronter des dépressions un peu plus violentes que les autres. J’ai hâte de partir ! Et si je suis en forme pourquoi pas aller chercher un truc ».
L’actrice Juliette Binoche et le chef cuisinier Hugo Roellinger vont baptiser votre bateau lundi 26 octobre à 15 h, bassin Duguay-Trouin. Que représentent pour vous ces deux personnalités ?
« Ce sont deux artistes. Hugo incarne une liberté folle et un amour de la mer qui est indéniable, et ça se ressent dans sa cuisine. Juliette par sa carrière, sa résilience et sa force de caractère qui nous fait dire que tout est possible force le respect ! C’est important pour moi ! »