Revue de presse

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« J’ai peur qu'elle perde ses acquis » : pour scolariser leur fille autiste, le parcours du combattant d’une famille près de Rennes

Le Télégramme · 31/08/2026 · ← revue

À la veille de la rentrée, Anissa, 13 ans, et sa famille redoutent son entrée au collège. Autiste et TDAH, elle risque de ne pas avoir l’accompagnement nécessaire, faute de places en Ulis ou d’AESH.

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Ce lundi 31 août, c’est avec la boule au ventre qu’Anissa Gaulard, 13 ans, se prépare à faire son entrée en classe de sixième, au collège Notre-Dame-du-Vieux-Cours, à Rennes. Rien de plus normal pour une enfant qui s’apprête à faire son entrée dans une nouvelle école. Ce qui l’est moins, c’est que cette angoisse est partagée par toute sa famille. Car Anissa souffre d’autisme et de TDAH (Trouble déficit de l’attention avec hyperactivité). Inscrite en classes Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire, qui permet de scolariser des élèves en situation de handicap au sein d’un établissement scolaire ordinaire) depuis l’école primaire, la jeune fille de Bréal-sous-Montfort, au sud de Rennes, ne pourra pas bénéficier du même dispositif cette année. « Anissa est suivie depuis son entrée en école maternelle. Elle a d’abord eu une AESH (Accompagnants d’élèves en situation de handicap), avant d’être intégrée dans le dispositif Ulis à partir de sa deuxième année de CP. Mais là, pour son entrée au collège, il n’y avait plus de place pour aller en Ulis, alors qu’on a fait des demandes pour toutes les écoles du département », souffle sa maman, Yasmina Gaulard.

Sur liste d’attente en IME depuis 2023

Sa pathologie pourrait aussi lui donner accès à un Institut médico-éducatif (IME). « Mais on est sur liste d’attente depuis 2023 dans trois établissements. Ils n’ont pas de place. On appelle régulièrement, ils prennent note de notre appel, mais ça ne va pas plus loin. » Please close pop-out player to resume playback. video playing

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Reste l’accompagnement par un AESH qui lui permettrait de suivre les cours en classe avec les autres élèves. Mais là encore, c’est le flou total. « L’établissement nous a indiqué qu’il disposait de trois ou quatre AESH pour une vingtaine d’enfants avec des besoins spécifiques. On ne sait pas, à la veille de la rentrée, si elle pourra avoir un accompagnant. Et si oui, combien de temps ».

« Aujourd’hui, elle a un niveau scolaire de fin de CP »

Car Anissa a besoin d’une aide à temps complet. « Aujourd’hui, elle a un niveau scolaire de fin de CP. Je ne sais pas comment elle va pouvoir suivre un cours de Sixième, sans compter les changements de classe et de professeur, ça me paraît insurmontable pour elle. Elle est stressée, elle en parle beaucoup et a très peur des moqueries des autres élèves. Ça me fend le cœur pour elle car elle reste motivée par les apprentissages ». Ce que vivent Anissa et sa famille, de nombreuses familles le vivent en France, et particulièrement en Ille-et-Vilaine. Lors de sa conférence de presse de rentrée, ce lundi, Marc Teulier, Directeur académique des services de l’éducation nationale (DASEN) d’Ille-et-Vilaine, a reconnu le manque criant d’AESH dans le département. « L’Ille-et-Vilaine est dans une situation atypique, avec le nombre le plus important d’élèves porteurs de handicap (8 000) en Bretagne et avec l’augmentation la plus forte (2 000 de plus en un an). »

1 000 enfants sans AESH à la rentrée

Le syndicat Unsa 35 évoquait ces derniers jours un manque de 1 500 AESH en Ille-et-Vilaine. Marc Teulier estime, lui, à environ « 1 000 enfants » sans AESH lors de cette rentrée. Et insiste sur l’augmentation « considérable » du nombre d’AESH recrutés ces dix dernières années. « Ils sont passés de 200 à 2 000 », ajoute-t-il. Pour cette rentrée 2026, 47 nouveaux équivalents temps plein d’AESH ont été créés, « en plus des 4 579 déjà en poste », indiquent les services du Rectorat de l’Académie de Rennes. Sur France Inter ce lundi matin, le ministre de l’Éducation Nationale Édouard Geffray a quant à lui réaffirmé que son « objectif est que tout le monde ait tous ses professeurs » à la rentrée de ce mardi 1er septembre. Une promesse qu’il sait d’ores et déjà ne pas pouvoir faire en ce qui concerne les AESH. « Dire que dès demain matin, tous les élèves auront leur AESH, ce serait vous mentir, a-t-il concédé. Notre cible est que ce soit le plus couvert possible. Il y a une croissance très forte du nombre de demandes d’accompagnants qui, généralement, nous arrivent dans l’été. » Des mots « qui me hérissent le poil », rétorque Yasmina Gaulard. « Ces constats reviennent chaque année alors que l’État a soi-disant fait du handicap sa grande cause nationale ». Ce mardi matin, au moment de pousser les portes du collège Notre-Dame-du-Vieux-Cours, Anissa et sa maman découvriront si la collégienne aura droit à une AESH. Pour un suivi complet ou pour quelques heures. « Si elle ne bénéficie pas d’un suivi complet, on n’aura d’autre choix que de la garder avec nous à la maison lorsque son accompagnant ne sera pas là. On devra s’organiser pour rester en télétravail ». Avec, selon elle, le risque « qu’elle perde ses acquis. J’ai peur que pour Anissa, cette année soit une année blanche ».