Incinérateur de Villejean : Rennes Métropole affirme avoir découvert de nouvelles malfaçons, le constructeur conteste
L’incinérateur de déchets de Villejean, à Rennes, va-t-il vraiment reprendre du service à la fin de l’année 2026 ? En mai dernier, après plusieurs reports, la nouvelle vice-présidente aux déchets et à l’énergie de Rennes Métropole, Soazig Rouillard, l’avait affirmé. Mais ce nouveau délai sera-t-il tenu ? Rien n’est encore sûr.
Les travaux de l’UVE (Unité de valorisation des déchets) ont, depuis leurs lancements en avril 2022, viré au cauchemar. En mars 2023, le chantier avait été interrompu sur ordre de la collectivité locale, propriétaire de l’équipement. En cause : la découverte de possibles « malfaçons » sur les chaudières neuves, construites par Ruths, une entreprise italienne. La collectivité estimait que la sécurité des salariés n’était pas garantie. Point de départ d’une bataille ultra-technique entre la Métropole et son fournisseur sur la conformité aux normes des chaudières. Celle-ci a paralysé les opérations pendant de longs mois. Et engendré des surcoûts majeurs.
« On ne va pas avancer une date »
Ce jeudi 8 octobre, lors de la session du Conseil de métropole, l’élue d’opposition Carole Gandon a livré une nouvelle charge contre la majorité sur ce sujet bouillant. Avec, en guise de conclusion, une question : « Quand cette installation sera-t-elle enfin terminée ? » Soazig Rouillard lui a alors répondu que la Métropole ne dispose aujourd’hui d’aucun « élément critique nous permettant de dire que le planning est modifié par rapport à ce que nous avions annoncé ».
Cependant, elle se garde bien d’en faire la promesse. « Nous sommes encore en phase de tests, donc non, on ne va pas avancer une date. Je ne vais pas vous dire que nous rouvrirons le 25 décembre », précise-t-elle. Pour justifier cette incertitude autour la date de mise en service de l’équipement, elle affirme qu'« au vu de toutes les malfaçons que nous avons découvert et que nous continuons à découvrir, je ne m’engagerai pas tant que les essais ne seront pas finis ».
En plus des fameuses soudures sur les chaudières, qui ont conduit Rennes Métropole à casser le contrat qui le liait à Ruths, l’élue métropolitaine avance donc que de nouveaux dysfonctionnements ont été constatés. Notamment sur les grappins et les ponts roulants qui permettent d’alimenter les fours en déchets. « Si on regarde les plans fournis par Ruths, tout fonctionne sur le papier. Mais dans la réalité, les grappins ne peuvent pas décharger les déchets dans les trémies d’alimentation des fours ». Elle indique que la collectivité a dû « faire modifier les équipements pour éviter que le grappin n’entre en collision avec le mur attenant ». Et met enfin en avant les containers, « sous-dimensionnés ».
Selon Ruths, ces grappins « ont été approuvés par Rennes métropole »
L’entreprise Ruths, elle, conteste ces malfaçons. « Ces grappins sont sur le chantier depuis 2023. Ils ont été réalisés et construits sur la base des plans d’exécution que tout le monde a approuvés, y compris Rennes métropole ». Et ajoute qu'« au moment de la résiliation du contrat en janvier 2025, ces pièces ont été réceptionnées par Rennes métropole. À part des remarques mineures qui ont été corrigées, il n’y a pas eu de remarque sur les grappins. Nous sommes très étonnés que Rennes métropole découvre tout à coup que les plans approuvés ne sont pas bons alors que les opérations de réception faites à l’époque n’ont soulevé aucune remarque. »
Une fois livrée, cette UVE augmentera de 50 % la chaleur livrée au réseau de chaleur urbain nord-est de Rennes et doublera la production d’électricité. Restera alors un dernier épisode : sur le terrain judiciaire cette fois, pour établir les responsabilités, et les compensations financières éventuelles.