« Ils en rajoutent, ça leur fait du bien de me nuire » : un surfeur violent sur plusieurs spots condamné à deux ans de prison avec sursis
Le 15 septembre dernier, un surfeur de 42 ans comparaissait devant le tribunal de proximité de Dinan pour violences avec arme et menaces de mort, sur fond de différents sur le non-respect des règles de sécurité et de priorité de prise de vague. Ce qu’il avait contesté.
À Fréhel le 7 avril 2026, en pleine mer, une altercation éclatait entre deux surfeurs. La victime expliquait que son agresseur lui avait sauté dessus, tiré la cagoule sur le visage et mis la tête sous l’eau. Il apprenait plus tard que la même mésaventure était arrivée à un autre surfeur, à Saint-Lunaire (35) au début de l’année. Cette seconde victime expliquait à son tour qu’au mois de février 2026, le même agresseur avait tenté de le faire tomber de sa planche puis l’avait attrapé par la capuche pour finir par lui mettre la tête sous l’eau. Il s’était retrouvé enroulé dans sa combinaison qui prenait l’eau sans réussir à ressortir. C’est un autre surfeur qui est intervenu en entendant ses cris. Son agresseur l’avait ensuite menacé de mort.
Les deux plaignants ont confirmé ces faits face aux juges en insistant sur leurs séquelles psychologiques et physiques, principalement des douleurs cervicales. De son côté, le prévenu avait nié les faits et s’était posé en victime. Selon lui, le premier plaignant était à l’origine de leur altercation, il lui aurait attrapé la cheville et l’aurait fait tomber dans l’eau. Le second plaignant lui « aurait foncé dessus délibérément » alors qu’ils avaient pied. Mécontent de ne pas recevoir d’excuses de sa part, il se serait rapproché de lui pour lui mettre la pression. « Ma seule faute a été de perdre mon calme, je voulais calmer la situation », expliquait-il. Sans en prononcer le mot, il sous-entendait un complot fomenté contre lui par les plaignants : « ils en rajoutent, ça leur fait du bien de me nuire », lance-t-il.
Interdiction de fréquenter certaines plages
Deux ans de prison avec sursis probatoire durant deux ans, interdiction de contacter les victimes et de paraître sur les spots de surf de sept communes des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine, ont été requis. Me Tardivel en défense a demandé la relaxe pour les violences. Selon lui, « le seul témoin direct a livré des versions différentes et son objectivité est contestable ».
Ce mardi 20 octobre le tribunal a retenu la culpabilité du prévenu pour les violences avec arme et l’a condamné à deux ans de prison avec sursis, interdiction de contacter et de paraître au domicile des deux victimes ainsi que sur les spots de surf de la plage de Longchamp à Saint-Lunaire (35), des Sables d’Or (22) et du local commercial de l’une des victimes durant trois ans. Il a été relaxé pour les menaces de mort. Il a été alloué 3 719 euros en totalité aux deux victimes.