« Il y a urgence »: un réel besoin de soutenir les producteurs locaux en bio face aux canicules, sécheresse, inondations
Les difficultés face aux changements climatiques sont devenues récurrentes, constate Gilles Simonneaux, installé aux Petits Chapelais à Chavagne (Ille-et-Vilaine).
Mon grand-père et mon père ont dû connaître une ou deux inondations et quelques périodes de sécheresse dans leur carrière, rappelle ce producteur de lait, en bio depuis trente ans, qui craint désormais que ces phénomènes ne se reproduisent tous les ans.
Une accélération des épisodes qui met en péril la vie de nos animaux, poursuit cet éleveur d’une centaine de croisées montbéliarde, rouge norvégienne ou normande. Et il n’y a pas que les élevages bovins qui souffrent. Pour les maraîchers aussi, la période est anxiogène.
Il y a urgence , abonde David Duguépéroux, producteur bio laitier à Gahard, très impacté au niveau des prairies par les canicules à répétition. En fin d’été, une partie du fourrage prévu pour l’hiver était consommée . S’il reconnaît qu’ une ferme en circuit court est un modèle plus résilient, face aux aléas que les grosses exploitations, on doit pouvoir sécuriser nos débouchées .
Privilégier les achats bios et locaux
D’où l’idée d’Eau du bassin rennais de mettre en avant ces deux témoins, afin de mobiliser les particuliers et les collectivités pour des achats locaux et bio, martèle Ludovic Brossard. Le nouveau président de cette collectivité a rappelé les enjeux autour de la démarche Terre de source, qui accompagne notamment les agriculteurs situés aux abords des points de captage vers de bonnes pratiques, en limitant l’usage de pesticide de synthèses. Seulement 2 % de nos masses d’eau sont en bon état écologiques. On doit donc massifier les pratiques agroécologiques.
Un accompagnement qui passe également par les filières végétales et animales, pour pérenniser financement ces pratiques agricoles vertueuses, avec l’objectif de retrouver dans nos assiettes des produits locaux. Cela passe par une coopération avec les acheteurs sur deux ou trois ans, pour donner une visibilité aux éleveurs, propose Ludovic Brossard.
Un cumul d’« accidents climatiques »
Eau du bassin rennais travaille également sur le paiement environnemental qui entend récompenser l’effort et la prise de risques des agriculteurs.Cela passe notamment par une adaptation des prairies au climat, poursuit David Duguépéroux. Même si ce dernier s’inquiète depuis septembre « du manque de pluies qui aurait dû nous permettre de récupérer du fourrage. On ne fait que cumuler les accidents climatiques. Pour l’éleveur de Gahard, les réserves d’eau ne sont pas la solution. On doit redonner à la terre dans nos prairies son rôle premier d’éponge.
Avec une partie de son exploitation située en bordure de Vilaine, Gilles Simonneaux explique avoir perdu 15 hectares de prairie avec les inondations. Des aléas climatiques qui touchent aussi le moral des agriculteurs. Deux de mes salariés ont démissionné cet été.