Revue de presse

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« Il ne s’agit pas de jouer les cow-boys » : près de Rennes, pourquoi ces communes veulent armer leur police municipale

Le Télégramme · 27/10/2026 · ← revue

Faut-il équiper les policiers municipaux d’armes létales ? Alors que Rennes s’y refuse pour l’instant, certaines communes voisines ont déjà tranché la question.

À Saint-Grégoire (Divers droite), la police municipale est armée depuis 2017. À Cesson-Sévigné (Horizons), c’est depuis… 1978. Ses 9 agents (16 prévus d’ici la fin du mandat) sont équipés de revolvers Ruger.

Magazine curieux et (im)pertinent !

Le maire a pouvoir sur la police municipale, qui n’a pas de compétences judiciaires et dont les missions sont centrées sur les règlements locaux et la tranquillité publique (stationnement, propreté, nuisances…). Ce qui ne les empêche pas, estiment des syndicats comme FO, de risquer de se retrouver face à des délinquants munis de pistolets.

« En 45 ans de carrière, je n’ai sorti mon arme que trois ou quatre fois », précise Yannick Le Scornet, chef de la police municipale cessonnaise. Il n’a connu qu’une seule occasion où un collègue a dû faire feu. « C’était au milieu des années 80, sur un flagrant délit. Un véhicule voulait heurter le policier. »

Il faut dire que la situation de ces communes est bien différente de celle de Rennes, qui compte plus d’une vingtaine de points de deal et où les règlements de compte à l’arme à feu ne sont plus rares. Pour être armé, un agent doit suivre une formation préalable comprenant un tronc commun de 12 heures sur le cadre juridique ainsi que des modules pratiques. Il participe chaque année à une à deux séances de tir obligatoires.

Vern veut un « consensus »

À Chantepie, la mesure figurait dans le programme du maire Grégoire Le Blond (UDI), qui l’a entérinée en juin à la faveur d’une modification budgétaire. Le conseil a acté une première enveloppe de 12 500 € pour l’achat des armes et l’aménagement d’une armurerie, 7 500 € pour la formation initiale des policiers municipaux et 2 500 € par an pour la formation continue.

À Rennes, pas de pistolets mais…Les 115 policiers municipaux de Rennes ne sont pas dotés d’armes létales mais d’un pistolet à impulsion électrique, de bombes lacrymogènes et d’une matraque.

L’opposition dénonce l’absence de débat et rappelle que les missions de tranquillité publique s’effectuent très bien sans arme. La municipalité y voit, elle, un vrai levier de recrutement pour des candidats policiers -un quatrième agent devait rejoindre mi-septembre les effectifs.

Depuis cet été, c’est Vern-sur-Seiche (8 000 habitants) qui réfléchit à sauter le pas. Le maire Stéphane Labbé (DVD) veut organiser une concertation avec le conseil municipal pour obtenir « un consensus sur cette question » (letelegramme.fr, 13/09). L’édile affirme avoir été convaincu par « la montée de la violence à Rennes », « qui se déporte dans nos communes de première couronne. » Et de citer 35 cambriolages d’habitations pour le mois d’août 2026. « L’arme est avant tout un outil de prévention et de persuasion, il ne s’agit pas de jouer les cow-boys. »

Sonia Arena, du groupe d’opposition d’union de la gauche, préfèrerait recruter un médiateur de rue et mettre l’accent sur la prévention. « Pour nous, armer la police municipale ne permet pas de régler les difficultés que nous avons sur la commune, comme les violences intrafamiliales, l’usage de stupéfiants ou la délinquance routière. »