« Il n’y a plus de perspectives » : en Ille-et-Vilaine, l’aménageur Terre & Toit va tirer le rideau d’ici deux ans
Terre & Toit, c’est bientôt fini. Ce nom est quasiment inconnu du grand public. Il a pourtant contribué à urbaniser de nombreuses zones d’Ille-et-Vilaine. Cette société d’économie mixte (SEM) a été créée dans les années 2000 sous le nom Sadiv afin d’acquérir des terrains, les aménager puis les vendre. C’est notamment elle qui se trouve derrière l’urbanisation de la ZAC de Ker Lann à Bruz, de la Massaye à Guichen, de Cap Émeraude à Pleurtuit, et du Châtel Haut Plassis à Redon.
Sauf que les déficits s’accumulent. Au 31 décembre 2025, la SEM a perdu 104 000 €. En 2024, c’était 148 000 €. Jean-Luc Chenut, président du Département et de la SEM, le reconnaît : Il n’y a plus de perspectives.
Plus de nouveaux contrats
Après plusieurs exercices déficitaires, une étude de diagnostic avait été confiée au cabinet Sémaphore. Elle conclut qu’à moyen ou long terme, chaque année, nous pourrions continuer à perdre 400 000 à 500 000 €, constate le président. Pour que le modèle économique soit viable, la SEM doit effectivement obtenir régulièrement de nouveaux contrats d’aménagements. Or, cela fait plusieurs années que nous n’avons pas contractualisé, analyse Jean-Luc Chenut.
Ce ne sont pas les terrains à aménager qui manquent, mais les acteurs qui se multiplient. La SemBreizh, qui agit au niveau régional, est notamment bien identifiée. Et sur Rennes métropole, c’est Territoires qui domine le marché.
Des négociations à venir
Le conseil d’administration a donc acté la fin de Terre & Toit d’ici au 31 décembre 2028. Des négociations vont devoir s’ouvrir pour le transfert de gestion des douze zones gérées par la SEM. Dans certains cas, ce sont les collectivités qui pourront reprendre, parfois ce pourra être la SEM Breizh, ou encore Territoires sur Rennes Métropole, détaille Jean-Luc Chenut.
Sur les 17 salariés de Terre & Toit, certains pourraient donc être transférés vers ces structures. D’autres pourraient intégrer la société publique locale (SPL) de construction publique, qui assure des chantiers pour le compte de collectivités.