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« Il faut reporter le vote » : en Bretagne, nouveau coup de pression des agriculteurs concernant la gestion de l’eau

Le Télégramme · 06/10/2026 · ← revue

Une scène pour le moins incongrue s’est jouée devant la préfecture Martenot, à Rennes, jeudi 1er octobre dans la soirée. Comme le rapportent nos confrères de Ouest-France, des militants de la FDSEA, le syndicat agricole majoritaire en Ille-et-Vilaine, s’y sont présentés sur les coups de 23 h. L’objectif ? Rencontrer la nouvelle préfète de région Emmanuelle Dubée, dont le logement de fonction est situé là. Une information que nous pouvons confirmer.

« Une réunion environnement d’une section FDSEA était organisée à Rennes, au cours de laquelle nous avons échangé sur différents sujets, raconte Cédric Henry, président de la FDSEA 35 et présent ce soir-là. On s’est dit : « Pourquoi ne pas demander une audience à notre nouvelle préfète ? » » Une vingtaine d’adhérents sont donc allés toquer à la porte de la nouvelle préfète.

Une rencontre tendue

Après une journée occupée à la gestion du mouvement lycéen, cette dernière a peu goûté la démarche, concède Cédric Henry. Mais a tout de même accepter de les rencontrer. « Elle avait des préoccupations plus urgentes que les nôtres, c’était un peu compliqué. Même si sa journée avait été particulièrement difficile, elle nous a consacré un peu de temps. »

La FDSEA lui a alors présenté sa revendication : « que le vote du Sage Vilaine soit reporté ». Une demande à nouveau formulée ce lundi 5 octobre par la FRSEA (l’organe régional du syndicat) dans un communiqué. Prévue le 16 octobre, l’adoption de ce texte, qui vise à limiter la pollution de l’eau aux pesticides, a créé ces derniers mois de vives tensions avec les agriculteurs. Un premier vote, programmé le 11 décembre 2025 à Châteaubourg, avait été bloqué par trois syndicats agricoles (FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination rurale). Après plusieurs mois de blocage, un consensus a finalement été trouvé lors de la réunion de la Commission locale de l’eau, l’instance chargée de faire voter le texte, le 25 juin.

« Le financement ne suffira pas »

Cette nouvelle mouture semblait alors convenir à Cédric Henry, présent ce jour-là, et à la FDSEA. « Ce qui a été entériné va toujours dans le bon sens, maintient ce dernier. Mais il faut qu’il y ait du financement pour accompagner les agriculteurs concernés. Et là, nous en sommes quasi certains, le financement ne suffira pas. »

Autre point soulevé par le syndicat : la mise en œuvre de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA). « Ce qui figure dans la loi amène des modifications aux Sage. Aujourd’hui, la cartographie qui indique quelles parcelles seront concernées par les interdictions d’herbicides sur les zones de captages d’eau peut encore évoluer », estime Cédric Henry. Qui affirme que « la préfète s’est engagée à faire les modifications liées à cette loi le moment venu. Mais nous nous demandons s’il est nécessaire de voter un texte qui sera amené à changer. Est-ce qu’on ne fait pas les choses à l’envers ? »

Vers un blocage du vote le 16 octobre ?

De son côté, la préfecture confirme qu’un échange a bien eu lieu ce soir-là entre la préfète et les représentants de la FDSEA. Mais se refuse à tout commentaire. Si le vote du 16 octobre était tout de même maintenu, faudrait-il s’attendre à un nouveau blocage, comme en décembre 2025 ? « Rien n’est décidé, ni dans un sens, ni dans l’autre, répond Cédric Henry. Nous sommes encore en discussion entre nous et avec les différents acteurs du Sage. Cela peut se faire naturellement si un certain nombre d’élus et de collectivités comprennent nos problématiques et que cela se fait dans l’intelligence. Nous ne sommes pas là pour bloquer, mais pour expliquer nos incompréhensions. Est-ce que nous sommes entendus ? Une fois de plus, je ne sais pas ».