Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Il faut que ça cesse » : cinq Bretons expliquent pourquoi ils ont manifesté

Le Télégramme · 05/11/2026 · ← revue

« On est là pour de bonnes conditions de travail »

Salomé, 19 ans, étudiante à l’IUT de Brest

Au beau milieu des autres manifestants, place de la Liberté à Brest, ils détonnent. Cinq étudiants sont vêtus de blouses et munis de pancartes. Salomé Herremans, en deuxième année de génie biologique sciences de l’environnement à l’IUT, considère comme nécessaire la continuité de la lutte étudiante.

« C’est vrai, il y a eu des réponses aux revendications portées mais nous n’avons pas vraiment la preuve qu’elles vont être mises en place. Par exemple, ils veulent rajouter des profs. Mais y a-t-il les moyens prévus pour ça ? », questionne la jeune femme de 19 ans.

Salomé interpelle sur d’autres sujets, comme celui du manque de personnel. « On échange beaucoup avec nos professeurs. Ils nous annoncent qu’un tiers des professeurs partant à la retraite ne devraient pas être renouvelés. On est là pour ça : pour plus de moyens dans les facultés, plus de places pour les étudiants, plus de professeurs, pour de bonnes conditions de travail. »

« On nous demande de toujours faire plus sans être valorisés »

Steven, 37 ans, infirmier en psy à Saint-Brieuc

À Saint-Brieuc, Steven Drouart a rejoint le cortège aux côtés de ses collègues. Il est infirmier en psychiatrie au Centre médico-psychologique de la Fondation Saint-Jean-de-Dieu depuis 14 ans. Il est de quasi toutes les manifestations ces dernières semaines.

Parce que, clairement, le pouvoir d’achat qui s’effondre est un sujet pour lui : « Nous avons une revalorisation salariale de 1 % tous les ans mais l’inflation est plus importante. Aujourd’hui, nous, en tant qu’infirmiers avec notre niveau de diplôme et les responsabilités qui vont avec, on n’est plus qu’à 300 € brut d’écart avec le Smic… Ce que je constate, c’est que plus les années passent, plus on perd de l’argent et donc du pouvoir d’achat. »

Dans un contexte social difficile, le Briochin n’en peut plus qu’on « nous demande de toujours faire plus sans être valorisés ». Il dénonce aussi les conditions de travail dans le secteur de la santé, et notamment la psy. « Le Président en a fait une cause nationale mais, à côté, on ferme des lits. Dans le bassin de Saint-Brieuc, on a fermé une unité à l’hôpital public. On parle de la santé mentale des jeunes mais il y a des mois d’attente. Tout ça, il faut en parler ! »

« Ça me fait du bien d’être là plutôt que de rester seule avec mes frustrations »

Lucie, 44 ans, cadre dirigeante dans une PME lorientaise

« Ça me fait du bien d’être là plutôt que de rester seule avec mes frustrations et ce que je pense, » sourit Lucie, 44 ans, en poussant son vélo. À Lorient, cette directrice administrative et financière dans une PME manifeste de temps en temps. « Il y a de belles manifestations ici. Il y a toujours de la musique, l’ambiance est joyeuse, bon enfant. » Ce jeudi, elle n’a pas hésité à venir porter ses revendications. « Je trouve cela important d’exercer son droit à manifester. Il est en danger en ce moment. »

Mère d’un lycéen, la Lorientaise depuis 15 ans se dit particulièrement sensible à « la cause des lycéens ». Elle ajoute : « Plus largement, la situation me semble assez catastrophique sur tout un tas de sujets, économiques et environnementaux notamment. C’est important d’être là pour porter ces messages. »

« Partout autour de moi, j’observe que c’est difficile pour tout le monde »

Michel, 77 ans, retraité

Michel n’en est pas à sa première manifestation. À 77 ans, ce Rospordinois, ancien salarié dans la chimie, a décidé de rejoindre le rassemblement contre la vie chère organisé à Quimper pour dire son désaccord « face à ce que fait le gouvernement ». « Il faut que ça cesse. Je soutiens le mouvement lycéen et, de façon générale, il faut que les politiques changent. Il faut qu’on sorte du capitalisme et de ses nuisances''.

Lui estime que son quotidien « n’est pas si mauvais ». « Mais partout autour de moi, j’observe que c’est difficile pour tout le monde. Il y a quand même plus de 10 millions de pauvres en France ! »

« Maintenant, on va forcer le gouvernement à nous écouter »

Alexis (*), 17 ans, en terminale dans un lycée rennais

Alexis (*), 17 ans, est lui aussi de toutes les manifestations lycéennes. Il était encore présent ce jeudi à Rennes. « Les travailleurs nous ont soutenus depuis le début de notre mobilisation, on les soutient aussi. Nous voulons de meilleures conditions d’éducation pour les lycéens, mais aussi de meilleures conditions dans le monde du travail », raconte celui qui est en terminale dans un lycée rennais.

Malgré les mesures en faveur des lycéens annoncées par le gouvernement (plafonnement à 28 du nombre d’élèves par classe en seconde, fin de Parcoursup en 2028, recrutement de 500 professeurs), le lycéen reste mobilisé. « Le gouvernement peut promettre tout ce qu’il veut, dans quelques mois il ne sera plus au pouvoir. Tout ce qu’il nous propose, c’est juste pour endiguer le mouvement social. Nous, les lycéens, voulons que toute la France se révolte parce que nous en avons marre de ce système. On fait des pétitions, des marches pacifiques, on utilise tous les leviers démocratiques et on ne nous écoute pas. Maintenant, on va le forcer à nous écouter. »

(*) Prénom modifié