Revue de presse

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« Il est plus du genre à éteindre les feux qu’à les allumer » : son fils lycéen placé en garde à vue à Saint-Malo, ce père de famille prend la parole

Le Télégramme · 02/10/2026 · ← revue

« Il a 17 ans, tout seul dans une cellule. » Ce vendredi matin, Nicolas attend des nouvelles de son fils Isaac, élève de terminale placé en garde à vue la veille lors du blocage du lycée Jacques Cartier, à Saint-Malo, dans lequel il est scolarisé. Le commissariat a appelé ses parents jeudi, vers 13 heures, pour l’en informer. « En tant que parent, c’est bien angoissant quand même. »

Après cet appel, le père s’est rendu dans le secteur du Square pour comprendre ce qui s’était passé et recueillir des témoignages. « Mon fils est plus du genre à éteindre les feux qu’à les allumer », assure-t-il. Il dit avoir récupéré plusieurs vidéos montrant Isaac éteindre des feux.

Un second lycéen, Benjamin, a également été interpellé ce jeudi. Nicolas indique avoir pris contact avec sa mère et reçu une vidéo de son interpellation, qu’il décrit comme « un peu plus musclée ».

Une nuit au commissariat

Au commissariat, Nicolas dit avoir reçu une autre version des événements. Selon son récit, les policiers lui auraient expliqué avoir repéré Isaac dès le début de la journée, puis l’avoir suivi et filmé jusqu’à un acte qu’ils estimaient illégal. Le père précise ne pas avoir eu accès à cette vidéo.

Il rapporte également qu’une visite médicale avait été demandée, mais que le médecin n’aurait pas été disponible avant le matin. « Je trouve ça un peu vache parce qu’ils pouvaient aussi le laisser sortir », estime-t-il. Malgré son inquiétude, il soutient la mobilisation : « Je suis 100 % derrière eux. »

Un barrage filtrant pour poursuivre le mouvement

Sur place, la mobilisation s’est réorganisée pour une deuxième journée consécutive. Avec le soutien de représentants de la CGT et de la Ligue des droits de l’Homme, les lycéens ont installé un barrage filtrant, laissant passer les automobilistes.

« On a la dynamique et cela ne va pas se régler en une journée, explique Léo, élève de terminale impliqué dans l’organisation. Une action sur le long terme est plus significative. » Il défend un rassemblement pacifique et assure que les élèves ont participé, avec l’aide de la vie scolaire, au nettoyage après les débordements de jeudi.

Des revendications concrètes

Aux revendications nationales sur les APL et les services publics s’ajoutent des préoccupations très concrètes concernant l’établissement. Léo évoque des murs dégradés à l’internat et la fermeture des douches des filles, qu’il attribue à la présence de bactéries dans l’eau. Selon lui, les internes doivent désormais se rendre au gymnase pour se doucher.

Présent pour favoriser le dialogue, François Le Forban, co-secrétaire général de l’union locale CGT de Saint-Malo, relaie les inquiétudes des élèves. « Les gamins se plaignent d’une eau du robinet qui sort jaune à l’internat, de vitres qui explosent ou de luminaires qui tombent en pleine classe », rapporte-t-il. Les lycéens demandent également des classes moins chargées et davantage d’enseignants qualifiés.

Des préoccupations que Nicolas dit connaître à travers les récits de son fils. « Isaac est très engagé sur les questions justement des conditions de travail », explique-t-il. Au-delà de l’établissement, il entend aussi les interrogations des jeunes sur leur avenir : « Le monde d’aujourd’hui est hyper anxiogène. Ils font des études, ils ne savent même pas pourquoi. »