Il cartonne sur les réseaux sociaux : qui est ce jeune retraité qui réinvente Saint-Malo ?
« J’ai commencé sur TikTok pendant le COVID. Je m’ennuyais comme tout le monde. Chaque jour, je publiais des petits sketchs pour passer le temps », se souvient le Malouin Jean-Jacques Guingouain, que l’on retrouve en terrasse de L’Univers, l’un des repaires des gens de l’Intra-Muros, un quartier dans lequel le jeune retraité vit toujours. « J’ai commencé la photographie, plus précisément à faire des photos de Saint-Malo, lors des sorties autorisées quand j’ai pris conscience que c’était sûrement la première et dernière fois que l’on verrait l’Intra-Muros ainsi, vide de monde. J’ai alors commencé à immortaliser ces vues inédites. »
« Saint-Malo a été ma nature vivante préférée à mes débuts »
S’il a fini par s’offrir un boîtier photo numérique pour jouer à l’apprenti photographe, aujourd’hui « Jj » avoue que son iPhone 16 lui suffit amplement pour continuer à s’amuser « sans se compliquer la vie techniquement ». Si Saint-Malo a été sa nature « vivante » préférée à ses débuts, la photographiant en long, en large et en travers, en noir et blanc ou en couleurs, depuis quelques mois, l’artiste amateur prend plaisir sur un nouveau terrain de jeu, la mise en scène avec l’IA d’autoportraits qu’il poste sur ses réseaux, pour se divertir lui-même avant tout, puis son audience.
Il compte 12 000 followers sur Instagram, 5 000 sur Facebook, 2 500 sur TikTok et presque 100 000 « J’aime ». « Concernant l’IA, je ne suis pas toujours à l’aise avec son utilisation. Je me sens en contradiction avec mes convictions environnementales », déclare-t-il. « Mais le plaisir de jouer prend le dessus », avoue-t-il. Selon lui, « l’art est une façon de jouer. L’IA est un outil technique qui sert la créativité humaine », et son divertissement personnel, manifestement. « Je crée certes, mais je suis avant tout un éternel enfant » qui ne se prend pas au sérieux, qui pratique avec agilité le second degré et l‘ autodérision. Avec son chat noir et blanc, ou son ami le goéland, il se moque de lui, de ses sentiments, de sa propre image ! Et cela fait rire ses followers qui ne manquent pas de le lui dire, lorsqu’il les rencontre « en vrai » sur la digue du Sillon, où il se balade à vélo tous les jours ; ou derrière leurs écrans quand ils commentent ses visuels de ces mots « Cela nous donne envie de revenir bientôt ».
« La vie à Saint-Malo, hors écran, reste ma première source d’inspiration », rappelle-t-il. « On me demande souvent si un jour je vais exposer à Saint-Malo, dans une galerie ou une salle d’exposition de la ville ». Ce à quoi il répond qu’il se contente déjà de s’amuser avec ce qu’il crée pour le moment (et qu’il ne se sent pas légitime d’exposer, le syndrome de l’imposteur suspendu en plein vol). De la terrasse de L’Univers au lettrage « J’aime Saint-Malo » installé récemment, avec vue sur le Fort National, Jean-Jacques Guingouain aura été arrêté en chemin, salué, remercié, telle une figure locale !