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Finances départementales : les Côtes-d'Armor maintiennent leurs investissements malgré le contexte tendu

Les Échos · 03/11/2026 · ← revue

Pas question de réduire la voilure. Malgré des recettes difficiles à anticiper et des dépenses sociales toujours plus lourdes,le Département des Côtes-d'Armor maintient son effort d'investissement. Réunie en session, l'Assemblée départementale a confirmé 89,79 millions d'euros de dépenses d'investissement pour 2026, sans réduire l'enveloppe votée au budget primitif. Parmi les dépenses maintenues figure une contribution de 1,5 million d'euros au projet Bretagne Très Haut Débit, afin de poursuivre le déploiement de la fibre optique dans l'ensemble des Côtes-d'Armor d'ici à la fin de l'année. « À travers les budgets, ce sont les territoires que l'on construit et les personnes que l'on accompagne », souligne Christian Coail, président du conseil départemental.

Les ports de pêche ciblés

Le soutien aux infrastructures portuaires constitue un autre volet de cette décision modificative. Une subvention de 435.280 euros est prévue au bénéfice de Bretagne Armor Pêche, la société d'économie mixte chargée depuis le 1er janvier 2026 de gérer sept ports de pêche départementaux. Les crédits financeront plusieurs opérations, notamment dans les criées d'Erquy et de Saint-Quay-Portrieux : renouvellement des équipements d'hygiène et des portes frigorifiques, modernisation de la production et de la distribution de glace, remplacement de chariots élévateurs et renforcement de la sécurité. L'objectif est de préserver les conditions sanitaires de traitement des produits et le fonctionnement des installations utilisées par les professionnels.

Des recettes qui manquent de visibilité

Reste que cette politique d'investissement s'inscrit dans un contexte financier incertain. Le Département pointe notamment des dysfonctionnements des services de l'Etat dans la liquidation et le recouvrement de certaines taxes. Autre source d'inquiétude :les droits de mutation à titre onéreux (DMTO), liés aux transactions immobilières. À la suite de la cyberattaque des services fiscaux, les notaires n'ont plus accès au serveur professionnel des données cadastrales, privant les collectivités de visibilité sur cette ressource. Ces difficultés s'ajoutent à la progression des dépenses sociales, qui pèse sur les budgets départementaux. « Les mois qui viennent s'annoncent compliqués », prévient Christian Coail. Le recours prévisionnel à l'emprunt est néanmoins revu à la baisse, passant de 35,22 à 33,05 millions d'euros, soit 2,17 millions d'euros de moins que prévu initialement.

Stéphanie Bescond