« Face au changement climatique, nos sociétés sont démunies » : dans le Morbihan, un tiers-lieu dédié à la transition littorale

Lancé en 2021 par le Groupe Generali, le Prix PME EnterPRIZE vise à valoriser les organisations qui, « par leur audace », contribuent à transformer « les défis environnementaux en opportunités », selon Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, parrain de l'opération. Pour cette sixième édition, sept structures ont été récompensées, dont la Maison Glaz, installée sur la presqu'île de Gâvres, à l'entrée de la rade de Lorient, élue lauréate du Prix Grand Ouest.
Multifacettes
Ce tiers-lieu à « facettes multiples », selon sa cofondatrice Akira Lavault, propose une dizaine d'activités différentes tournées vers un même objectif. À savoir, le renforcement du lien social, nécessaire « à faire évoluer nos sociétés littorales et à adapter nos territoires à la montée de la mer », indique la responsable. Sur une friche militaire - une ancienne colonie de vacances des armées - la Maison Glaz a ainsi créé une entreprise d'insertion et une association citoyenne. Les deux pôles mènent différentes missions, comme l'animation d'un café guinguette par exemple, mais aussi l'organisation de sessions de formation professionnelle. Le lieu, où des hébergements ont été aménagés, accueille également des événements.
Gisement d'emplois
Lancé en 2019, le tiers-lieu est aujourd'hui, avec près de vingt salariés au plus fort de l'été et une dizaine en basse saison, « le premier employeur privé de la presqu'île à l'année », note Akira Lavault. « L'évolution géographique des territoires littoraux va engendrer d'importantes recompositions sociales et économiques. L'enjeu est d'en faire un gisement d'emplois et d'entreprises », ajoute la dirigeante. La Maison Glaz propose ainsi la première formation spécialisée dans la marine marchande à la voile, mais aussi des parcours de formation pour les demandeurs d'emploi aux métiers de la transition littorale. « Face au changement climatique, nos sociétés sont démunies. Les réponses ne sont pas simples et politiquement très sensibles. Le tiers-lieu, ni public ni 100 % privé, permet de les aborder plus facilement », estime Akira Lavault. Au total, la structure bretonne accueille entre 35.000 et 40.000 visiteurs chaque année.