Face à la crise du Samu d’Ille-et-Vilaine, l’ARS se dit prête à « refonder durablement » son fonctionnement
Une sortie de crise se dessine pour le Samu d’Ille-et-Vilaine. Les médecins urgentistes, qui décrochent au 15, sont en grève depuis le 19 octobre 2026. Ils dénoncent la surcharge de travail liée au retrait des médecins libéraux. Ces derniers demandent une augmentation de leur rémunération, et ont décidé de cesser leur participation en attendant.
Face à cette situation, l’ARS a mobilisé sans délai l’ensemble des acteurs concernés afin de rétablir la couverture des plages de régulation des soins non programmés au Centre 15, indique l’agence. Un travail qui a fonctionné, puisque des médecins volontaires ont été mobilisés pour assurer les plages qui n’étaient plus couvertes. Ainsi, la prise en charge des soins non-programmés a pu être assurée pour le week-end du 24 et 25 octobre.
Une refonte du système est lancée
Après ce mouvement de grève, l’ARS annonce ouvrir un chantier visant à refonder durablement le fonctionnement du Sas [le Service d’accès aux soins, le service dans lequel s’engagent les médecins libéraux volontaires, NDLR] et à répondre aux difficultés persistantes dans l’organisation de la réponse aux soins non programmés.
Concrètement, l’ARS a mandaté quatre experts chargés d’analyser le fonctionnement actuel du Sas et de la Permanence des soins ambulatoires (PDSA). Leur mission consistera à identifier les difficultés rencontrées par les acteurs, puis à formuler des propositions concrètes pour renforcer leur coordination et définir une organisation pérenne, adaptée aux besoins de la population et aux contraintes des professionnels de santé.
En 2019, le Gouvernement avait déployé un Pacte de refondation des urgences pour répondre à la colère des médecins urgentistes qui dénonçaient une fuite des praticiens vers le privé. La participation sur la base du volontariat des médecins libéraux faisait partie de ces annonces. Lorsqu’un patient compose le 15, un régulateur oriente son appel soit vers le Samu si la demande est urgente, soit vers un médecin libéral. Cinq ans plus tard, ce système apparaît déjà fragilisé.