Revue de presse

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« Éviter des dégâts irrémédiables » : un collectif breton se mobilise pour sauver un étang menacé de vidange

Ouest-France · 30/09/2026 · ← revue

Mains sur les hanches, Jean-Luc Blot et Jacques Pétry regardent avec dépit ce qui fut autrefois l’étang du Dick, à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine). En août 2025, le point d’eau avait été vidangé. Une décision prise par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) en raison de risques de rupture liés à l’érosion, mais aussi parce que le barrage formant l’étang bloquait jusqu’alors la circulation de l’anguille européenne, selon le magazine d’information municipale paru en octobre de la même année.

Quelques lignes plus bas, on pouvait pourtant lire que sa disparition ne signifiait en aucun cas que tous les étangs [allaient] disparaître du paysage. Ils sont de vrais trésors pour la biodiversité, ajoutait l’ancienne équipe municipale.

« L’incompréhension totale »

Un an plus tard, c’est pourtant bien ce scénario qui semble se dessiner. À quelques mètres de là, en aval, l’étang du « Moulin-Neuf » est à son tour menacé de disparition d’ici à la fin de l’année provoquant l’incompréhension totale d’une partie de la population, déjà contrariée par la vidange du premier.

On veut éviter des dégâts irrémédiables, affirment à l’unisson Jean-Luc Blot et Jacques Pétry, respectivement membre et porte-parole de l’association Sauvons les étangs du Moulin-Neuf. Créé durant l’été 2026, le collectif a recueilli l’approbation de 800 personnes en quelques mois, selon ce dernier. Lors des Journées du patrimoine, près de 200 personnes se sont réunies pour échanger. Dans un contexte de sécheresse et de pénurie d’eau, les habitants cherchent des explications.

Cette fois, la DDTM fait valoir que le second étang ne fait l’objet d’aucune autorisation administrative et que son existence porte atteinte à la continuité écologique en entravant la circulation des espèces aquatiques et des sédiments, dans un courrier adressé à la mairie de Pleurtuit en décembre 2025.

Une réunion le 6 octobre

Le public est mobilisé. Nous sommes cependant perplexes devant le silence de la commune [propriétaire des étangs] pour l’instant. Je sais que la mairie a connu d’autres problèmes ces derniers temps, mais le temps presse, s’impatiente Jacques Pétry, en faisant allusion aux récentes menaces de mort visant la nouvelle maire, Christine Colas.

Contactée, cette dernière affirme qu’une réunion avec différentes instances se tiendra le 6 octobre prochain. Pêcheurs, randonneurs, personnes à mobilité réduite… La disparition de l’étang du Moulin-Neuf ferait disparaître un lieu très apprécié des habitants de Pleurtuit et des communes alentour.

Sur la question de l’autorisation, l’association rappelle que des traces de ces points d’eau figurent explicitement sur des cartes datant de 1701 et 1750. Elle avance également que la présence de l’étang relève du principe général du droit fondé en titre. Une notion technique selon laquelle un ouvrage créé avant l’instauration du principe d’autorisation administrative, soit après la Révolution française, peut être exempté de cette procédure.

Sur le volet environnemental, le collectif ne cache pas son désaccord. Les mesures de rétablissement écologique des cours d’eau doivent tenir compte de la qualité et de la morphologie des deux ruisseaux. Ils ont un débit faible et irrégulier tout au long de l’année et ne présentent pas une richesse de biodiversité. Les deux étangs sont d’importants réservoirs de nourriture, défend Sauvons les étangs du Moulin-Neuf dans un communiqué.

Ses membres espèrent également qu’une modification du Code de l’environnement, intervenue fin août, puisse jouer en leur faveur. Après un été marqué par les sécheresses, le texte précise désormais qu’une étude sur l’anticipation des besoins de stockage d’eau doit être prise en compte, notamment les possibilités de curage, d’extension et de création d’ouvrages de stockage d’eau. Le collectif n’a pas peur de se retrousser les manches. Une échelle à poissons. On peut bosser là-dessus. On est très demandeurs de collaboration, conclut Jacques Pétry, retraité pleurtuisien.