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État du gisement, aires protégées… La saison 2026-2027 de pêche à la coquille Saint-Jacques démarre à Saint-Malo

Ouest-France · 01/10/2026 · ← revue

La saison de la pêche à la coquille Saint-Jacques ouvre jeudi 1er octobre 2026 dans le gisement de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). D’après Philippe Orveillon, président du comité des pêches d’Ille-et-Vilaine, cette campagne s’annonce très bonne. Nous sommes dans une phase de stabilité (sur l’état du gisement) si on se réfère à ces deux dernières années. Les chiffres records de la saison précédente ne mentent pas. Avec plus de 4 000 tonnes pêchées, contre 2 900 tonnes lors de la campagne précédente. Tous les volumes ont explosé, c’est du jamais vu.

Un résultat notamment rendu possible grâce au travail de gestion des ressources réalisé par le comité et les pêcheurs depuis près de trente ans maintenant. Cette année encore, environ 1,5 million de bébés coquilles ont été semés : 1,3 million dans la baie et 150 000 dans la Rance.

Quels quotas cette année ?

La taille minimale de pêche, de 10,5 cm, reste inchangée. De même pour les quotas qui avaient sensiblement évolué l’an dernier, pour atteindre un volume fixe par navire d’une tonne, plus la godaille de 50 kg. Une demande qui émanait de l’administration pour faciliter les contrôles. Mais qui avait été apprécié des professionnels. Leur permettant de réaliser du chiffre d’affaires peu importe le nombre de marins à bord.

Un volume bienvenu aussi pour cette saison qui débute dans un contexte marqué par une flambée du prix des carburants. Les prix sont montés plus haut que ce qui avait été estimé, partage Philippe Orveillon. «Au moins les aides ont le mérite d’exister. Ça ne couvre pas l’augmentation mais ça soulage.

En Ille-et-Vilaine, pour la période avril - mai, 32 armements ont déposé des dossiers. 27 d’entre eux ont bénéficié d’aides, les cinq autres sont en cours d’instruction.

Trois fois plus de zones restreintes dans les eaux de Jersey

C’est effectif depuis le 1er septembre 2026 : Jersey étend sa surface d’aires marines protégées de 6,5 % à 21,7 %. Une mesure prise dans le cadre des objectifs internationaux de protection de 30 % des océans, d’ici 2030.

Les zones seront, à terme, soit interdites, soit partiellement réduites à la pêche aux arts traînants. C’est encore en construction, indique le président du comité. Qui note des échanges constructifs avec les autorités de Jersey mais reste pragmatique. Lorsqu’ils mettent des mesures en place, par culture, elles sont beaucoup plus strictes.

Si l’augmentation significative de zones restreintes impacte fortement les pêcheurs à la drague normands, des marins malouins - environ six bateaux - sont également concernés. Avec pour conséquences, si elles ne sont pas encore chiffrables, une baisse significative de volume pour les principaux concernés, s’inquiète Philippe Orveillon. Il va falloir organiser son temps, faire de la diversification pour ceux qui vont s’en sortir. Il ne faut pas oublier que des familles vivent de ça.

En plus d’une perte de chiffre d’affaires pour les pêcheurs, il craint que ces mesures n’impactent la pression sur les autres zones de pêche ; comme le gisement Ouest-Cotentin et celui de Saint-Malo qui se portent bien.

Quid du poulpe ?

C’est un sujet qui est revenu sur la table (et sur les étals) depuis environ cinq ans. Le poulpe a signé son grand retour dans les eaux de la Bretagne sud après des décennies d’absence. Une prolifération qui n’avait pas été sans poser problème aux pêcheurs de coquilles et crustacés, homards et autres araignées, dont le céphalopode raffole. Dans cette zone, le gisement n’est pas revenu à son état de santé initial, pose Philippe Orveillon.

Depuis son retour, l’animal s’est déplacé davantage à l’Ouest, puis au large du Finistère Nord «en colonisant la bande côtière. Il a récemment fait son arrivée dans la baie de Saint-Brieuc sans pour autant parler d’invasion. Il y a trois ans, on en pêchait quatre par mois, maintenant c’est 4 ou 5 par semaine. » Pour rappel, le poulpe double son poids toutes les semaines de sa naissance à sa mort (environ deux ans).

Dans le gisement de Saint-Malo, il n’y en avait aucun il y a encore cinq ans, maintenant les pêcheurs de homards, en pêchent également quatre ou cinq par semaine ». Au fur et à mesure, nous avons suivi le déclenchement des licences de pêches sur la côte bretonne pour les réguler avant qu’ils ne deviennent invasifs. Pour cette année, néanmoins, nous travaillons encore avec les pêcheurs de Saint-Brieuc. Une licence pourra éventuellement être octroyée à Saint-Malo, l’an prochain.

Le calendrier de pêche

Le calendrier de pêche est connu pour la première partie de campagne jusqu’à la mi-janvier 2027. Il sera possible pour les professionnels de pêcher, de 7 h à 12 h, au Sud du parallèle 48°43’N, ainsi qu’entre le méridien de la pointe du Meinga et le méridien de la tour des Hébihens.

Du jeudi 2 au jeudi 26 novembre, les jours de pêche sont les suivants : mardi et jeudi. À noter que pendant la tenue du village de la Route du Rhum, entre le 20 et le 29 octobre, les équipages pourront pêcher dès 6 h du matin. À partir du lundi 30 novembre au jeudi 14 janvier inclus, les jours de pêche sont les suivants : lundi, mardi, mercredi, jeudi.

Comme chaque année, des journées seront ouvertes exceptionnellement pour les fêtes le vendredi 18 et dimanches 13,20 et 27 décembre. La pêche sera fermée les jeudis 24 et 31 décembre.