En Ille-et-Vilaine, les réserves d’eau potable ont-elles déjà été aussi critiques ?
L’eau potable, denrée précieuse, est le sujet qui préoccupe activement le département d’Ille-et-Vilaine. Jeudi 13 août 2026, le Comité de la gestion de la ressource en eau (CGRE) s’est réuni à la préfecture d’Ille-et-Vilaine pour décider du passage de l’ensemble du département en situation de crise, seuil d’alerte maximal concernant la sécheresse.
Un cas de figure qui se répète
Un scénario qui ressemble dangereusement à celui de l’été 2022. Cette année-là avait été marquée par une sécheresse extrême, voire historique. La région de Saint-Malo avait été particulièrement touchée et son approvisionnement direct en eau potable avait été remis en question, à quelques semaines près. Année inédite… Mais pas tant, puisque la situation se répète tristement. Nous pouvons gérer une année de sécheresse, mais deux consécutives, ce sera l’inconnu, et c’est ce qui risque d’arriver », expliquait Ludovic Brossard, président d’Eau du Bassin Rennais, le syndicat qui capte une grande partie de l’eau en Ille-et-Vilaine. À la différence de 2022, l’hiver qui nous précède a été particulièrement pluvieux. On aurait pu penser que cela allait suffire pour passer l’été en toute sérénité. Hélas, les épisodes de chaleurs extrêmes à répétition ont eu raison de la quiétude de nos réserves.
Un département en crise
En Ille-et-Vilaine, et plus largement en Bretagne, la particularité est de stocker très peu d’eau dans les sols, c’est-à-dire que la plupart de l’approvisionnement provient des barrages et des cours d’eau. Une spécificité qui rend vulnérables à la sécheresse. Avec des réserves pourtant plus importantes qu’en 2022, nombreuses de leurs ressources sont actuellement en situation de crise.
Dans la métropole rennaise et au-delà
Eau du Bassin Rennais, achemine 75 communes dont la métropole rennaise, et distribue l’eau potable à près de la moitié des habitants du département d’Ille-et-Vilaine. Actuellement, les barrages qu’ils utilisent sont mis à mal. Le barrage de La Chèze, qui représente 30 % de leurs captages, subit un déstockage précoce. Son niveau est actuellement inférieur à celui de l’été 2022. Même sentence pour le barrage de Rophémel dans les Côtes-d’Armor, pour lequel il n’y a presque plus d’eau à entrer. En revanche, son niveau se maintient supérieur à celui de 2022. Une situation critique, qui pourrait imposer une vidange précoce. En période de sécheresse, la vidange anticipée permet de soutenir l’étiage, de protéger la faune et surtout, d’assurer la continuité de la production d’eau potable avant que le niveau ne chute drastiquement. À cela s’ajoutent les imports des Côtes-d’Armor qui ont dû se réduire, afin d’assurer leur propre consommation. La rivière du Couesnon n’est-elle plus du tout prélevée depuis plus de trois semaines en raison de la baisse drastique de son niveau.
À Saint-Malo
Dans le secteur de Saint-Malo, victime majeure de la sécheresse depuis déjà plusieurs semaines, la demande en eau a augmenté de 10 % depuis 2023. Actuellement, les barrages gérés par le syndicat Eau du pays de Saint-Malo, sont quasiment au même niveau de stockage qu’à l’été 2022. La vidange du barrage du Landal, est envisagée à très court terme, d’ici quinze jours, rapportait les données du Syndicat mixte de gestion de l’eau d’Ille-et-Vilaine (SMG) lors de la réunion du CGRE de jeudi 13 août 2026. Les autres barrages, notamment Mireloup et Beaufort, sont eux aussi en difficulté.
Dans la région fougeraise
Dans le pays de Fougères, les faibles débits des cours d’eau, qui alimentent les prises, engendrent une baisse drastique de la production des drains de la forêt de Fougères. Pourtant partie avec une production hebdomadaire largement supérieure à 2022, celle-ci a tout de même été divisée par deux depuis le mois de mars 2026. Si l’hiver pluvieux n’a pas suffi à compenser à la férocité de la sécheresse, la collectivité Eau du Bassin Rennais et la préfecture appellent les usagers à réduire au maximum leur consommation en ces périodes critiques.