Revue de presse

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Elle produit des milliers de briques de crème et de bouteilles de lait : cette usine bretonne capte 5 M€ d’investissement de Lactalis chaque année

Le Télégramme · 30/09/2026 · ← revue

Toit en ardoise, tour carrée, enseigne « vintage »… Niché à quelques encablures de la gare, le bâtiment historique de la Société laitière de L’Hermitage (35), à l’Ouest de Rennes, ne passe inaperçu. Bien connu des amateurs d’architecture, l’édifice n’est pas la demeure d’un amateur de belles pierres, mais la porte d’entrée de l’une des plus grosses laiteries du département : une usine de 320 salariés, propriété du géant mayennais Lactalis (connu pour ses marques Lactel, Président, Galbani, Rondelé ou encore Salakis).

La laiterie conditionne pas moins de 170 000 tonnes de produits finis par an, dont 95 000 à 100 000 tonnes de crème en brique. « Nous avons 10 lignes de production de crème pour les marques Bridélice et Président », explique Lucas Geffroy, le directeur de la laiterie depuis 2024. Le reste de l’activité est consacré au lait UHT (deux lignes pour la marque Lactel) et au lait pasteurisé (en particulier le lait ribot Bridel). Des produits stars des grandes surfaces, issus du lait collecté chez les 230 producteurs avec lesquels l’usine travaille. Tous sont installés en Bretagne.

Une nouvelle entrée pour les poids lourds

Comme partout dans l’agroalimentaire, la performance industrielle de la laiterie est surveillée comme le lait sur le feu. Et pour l’améliorer, elle fait l’objet d’investissements réguliers de la part de Lactalis. Automatisation, traçabilité, sécurité, énergie… « Depuis cinq ans, nous fléchons 5 M€ par an sur le site », avance Grégoire Dattin, directeur industriel de la division Lactalis beurres et crèmes.

En 2026, 2 M€ ont été consacrés à la création d’une nouvelle entrée pour les poids lourds, à l’arrière de la laiterie. Dans les cartons depuis une quinzaine d’années, le projet a abouti en juin et a été inauguré ce mardi 29 septembre. Il est loin d’être anecdotique : il permet de réduire les nuisances (bruit, bouchons…) et les risques d’accidents en faisant sortir du centre-bourg les nombreux camions qui entrent et sortent quotidiennement de l’usine (une soixantaine en semaine et une vingtaine le week-end).

La question de l’eau

À L’Hermitage, Lactalis investit aussi dans la gestion de l’eau. Plus gros consommateur du bassin rennais, le site a été épinglé en 2025 par la préfecture pour des niveaux de rejets d’eaux industrielles trop élevés et a réclamé un relèvement de ces plafonds, sous réserve que les impacts environnementaux soient limités. Le dossier est toujours en cours d’instruction.

« C’est un juste équilibre à trouver, estime Grégoire Dattin. L’eau est essentiellement utilisée pour le nettoyage de nos installations, pour des questions sanitaires. C’est un sujet sur lequel on agit depuis longtemps. On traite l’eau qu’on utilise, on la recycle… En cumulé, nous avons réduit notre consommation de 9 à 10 % sur les deux dernières années. »