Dans les Côtes-d'Armor, trois mois de concertation pour décider de l'avenir du barrage de Pont Rolland

Et au milieu coulera une rivière. À Pont Rolland, entre Hillion et Lamballe, dans les Côtes-d'Armor, l'Etat prépare la renaturation d'un barrage qui n'a plus produit d'électricité depuis 2014. Faute de repreneur pour relancer l'exploitation hydroélectrique, l'hypothèse d'un démantèlement s'impose. Mais son ampleur, la gestion des sédiments et le devenir de l'ancienne usine restent à définir. Une concertation publique s'ouvre ce 2 novembre pour recueillir les avis sur les différents scénarios. Exploité depuis 1936, d'abord par Sud Finistère Electrique puis par EDF, le barrage a vu sa concession prendre fin en 2010. L'ouvrage a intégré le patrimoine privé de l'Etat en 2015. Deux appels à candidatures, lancés en 2017 et 2020, n'ont pas permis de trouver un exploitant. En cause, notamment, l'état vieillissant des structures et des turbines, qui nécessiteraient d'importants travaux de rénovation et de mise en sécurité. La reprise aurait également exigé des investissements pour respecter les contraintes environnementales, dont le débit réservé de la rivière et la continuité écologique.
Plusieurs scénarios à l'étude
La renaturation vise à restaurer le fonctionnement naturel du cours d'eau, à favoriser la biodiversité aquatique et à améliorer la qualité de l'eau. Elle doit aussi permettre de sécuriser le site et de réduire les coûts d'entretien liés à l'ouvrage. Reste à déterminer les modalités de cette opération. Un bureau d'études mandaté par l'Etat examine plusieurs scénarios, en tenant compte des contraintes techniques, des coûts et des conséquences pour les milieux naturels et les activités situées en aval. La concertation portera sur quatre sujets : la gestion des sédiments, le degré de démantèlement du barrage, le réaménagement paysager et les usages futurs du site. Le devenir de l'ancienne usine hydroélectrique fait également partie des questions soumises au débat.
Les acteurs locaux appelés à contribuer
Habitants, riverains, élus, agriculteurs, conchyliculteurs, pêcheurs et associations environnementales sont invités à participer aux échanges. L'objectif est de recueillir leurs propositions avant que le projet ne soit arrêté. Un bilan de la concertation sera publié en février 2027. Il présentera les contributions recueillies et la manière dont elles seront prises en compte. Une nouvelle consultation du public interviendra ensuite dans le cadre de la procédure d'autorisation environnementale.