Dans les Côtes-d'Armor, l'Armée a eu raison d'un projet éolien

Le ministère des Armées aura finalement eu le dernier mot. Dans les Côtes-d'Armor, le projet Ar Hoat comprenant l'implantation de trois éoliennes sur les communes de Loguivy-Plougras et Plougonver ne verra finalement pas le jour. Portée par Engie Green et la Sem Lannion-Trégor, cette installation était en préparation depuis 2015. Elle prévoyait deux éoliennes à Loguivy-Plougras et une troisième à Plougonver, pour une puissance unitaire de 3 à 4 MW. Sa mise en service aurait permis de renforcer la production locale d'électricité renouvelable.
Une question de servitude
Le blocage tient à une contrainte aérienne. Les trois machines, dont la hauteur devait atteindre 179,5 mètres en bout de pale, empiétaient sur un itinéraire militaire emprunté de nuit par des aéronefs volant à très basse altitude. La publication, en décembre 2025, d'une nouvelle servitude liée à l'utilisation de jumelles de vision nocturne a rendu leur implantation incompatible avec les exigences de sécurité aérienne. Le refus préfectoral du 18 mai 2026, prononcé après deux avis défavorables du ministère des Armées, avait déjà interrompu la procédure d'autorisation environnementale. Les deux recours déposés en juillet auprès de la préfecture et du ministère de la Transition écologique n'ont pas inversé la décision. Pour le promoteur du projet, l'addition est salée. Selon la Sem Lannion-Trégor, qui détient 30 % de la société EG Parc Ar Hoat aux côtés d'Engie Green, les pertes s'élèveraient à 113.000 euros. La structure créée pour porter l'opération doit être dissoute.