Revue de presse

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Crise de l'automobile : l’équipementier Sanden supprime des postes en Ille-et-Vilaine, sans départ contraint

Le Télégramme · 08/09/2026 · ← revue

Les restructurations se succèdent chez les équipementiers automobiles, touchés de plein fouet par la baisse des ventes de véhicules depuis la crise sanitaire. En Bretagne, Sanden n’échappe pas à la tendance. Selon nos informations, le groupe japonais s’est récemment résolu à réduire la voilure en lançant un plan de départs volontaires au sein de son usine de Tinténiac (35), un vaste site de 500 salariés entre Rennes et Saint-Malo, spécialisé dans la fabrication des compresseurs automobiles. « Un plan de rupture conventionnelle collective a été signé en juin. Elle porte sur 32 postes, dont une douzaine en production », indique une source salariée, sous couvert d’anonymat. Contactée, la direction confirme la signature de cette « RCC » et le nombre de postes visés. « Ils se situent un peu partout dans l’entreprise », précise le président de Sanden Manufacturing Europe, Bertrand Lefèvre.

Départs non remplacés

Pour rappel, contrairement au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), le dispositif de la RCC permet de rompre des contrats de travail sur la base du volontariat, donc sans départ contraint, en échange d’une indemnité. Chez Sanden, les collaborateurs intéressés avaient jusqu’au vendredi 4 septembre pour déposer un dossier. Les premiers départs interviendront « en fin d’année », affirme Bertrand Lefèvre. C’est très loin de ce qu’on a connu à la grande époque. Il y a vingt ans, On est monté jusqu’à 900-1 000 CDI, avec en plus 300 intérimaires. À ce stade, la direction ne préfère pas s’engager sur le nombre de salariés de l’usine à terme, le processus de RCC étant « encore en cours ». Selon des sources syndicales, en prenant en compte les départs non remplacés (démission, retraite…), elle devrait compter 440 CDI à la fin de l’année. « C’est très loin de ce qu’on a connu à la grande époque. Il y a vingt ans, on est monté jusqu’à 900-1 000 CDI, avec en plus 300 intérimaires », se rappelle notre source salariée.

Une nouvelle ligne à l’arrêt

En interne, on explique ce plan de départs - qui fait suite à une première RCC de 117 postes en 2021, consécutive au rachat de Sanden par le chinois Hisense, et à la signature d’un accord de pré-retraite il y a un an - par les difficultés du marché automobile et la montée de la concurrence asiatique à bas prix. Pour répondre à la demande des constructeurs, Sanden a installé à Tinténiac une nouvelle ligne de fabrication de compresseurs pour véhicules électriques. Un investissement conséquent - 68 M€ - financé à hauteur de 17 % par l’État dans le cadre du programme France 2030 et censé accompagner la hausse des ventes de véhicules électriques. Mais « le contexte de l’automobile fait que les constructeurs hésitent sur l’électrification de leurs gammes et empêchent la montée en puissance de la nouvelle ligne », explique Bertrand Lefèvre. Au printemps dernier, un marché porté par Stellantis (Citroën, Peugeot, Fiat, Jeep…) ne s’est finalement pas concrétisé et aucun autre constructeur ne s’est laissé convaincre à court terme. Résultat : la nouvelle ligne de production, qui devait tourner à partir de fin 2025, est toujours à l’arrêt et n’apporte pas les volumes nécessaires pour compenser la baisse d’activité de l’ancienne génération de compresseurs encore fabriqués à Tinténiac. Ne laissant d’autres choix à Sanden que de se restructurer.