Côtes-d'Armor : une chapelle du XVe siècle restaurée grâce à la Mission Patrimoine

À Trédarzec, sur la presqu'île de Lézardrieux, dans les Côtes-d'Armor, la chapelle Saint-Nicolas de Kerhir s'apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Avec sa silhouette sobre et massive, son plan rectangulaire et ses murs de pierre, l'édifice bâti vers 1480 figure parmi les 100 sites retenus en France par la Mission Patrimoine. Il bénéficiera du soutien de la neuvième édition de l'offre de jeux Mission Patrimoine de FDJ United.
Un ensemble architectural rare
Construite par Pierre de Trolong, seigneur de Kerhir, la chapelle devient au XVIe siècle le lieu funéraire de la famille de Roquefeuil. Elle forme avec la maison du chapelain, le calvaire et la fontaine de dévotion un ensemble patrimonial constitué principalement au XVIIe siècle. Inscrite aux Monuments historiques depuis 1964, elle conserve une statuaire ancienne, des décors peints et un ange pyrophore, pièce particulièrement rare liée aux rites des pardons bretons. Le lieu reste vivant : le pardon de Saint-Nicolas y est attesté depuis au moins 1579 et la chapelle accueille toujours offices, camps de jeunes et visiteurs.
Des murs sous pression
Mais près de 550 ans après sa construction, l'édifice est fragilisé. Ses fondations doivent être consolidées, tandis que les maçonneries présentent fissures et déformations. La charpente défectueuse exerce de fortes poussées sur les murs et la toiture dégradée favorise les infiltrations d'eau, menaçant les décors anciens. L'étude réalisée par l'architecte du patrimoine Stanislas Coudière, du cabinet XV41 basé à Saint-Malo, chiffre l'opération à 576.138 euros. Les travaux doivent débuter en 2027 pour s'achever en 2030-2031. La première phase portera sur le « clos et couvert » : charpente, toiture, maçonneries, drainage et gestion des eaux, ainsi que sur la consolidation des décors et de la litre funéraire extérieure. La seconde concernera les murs, le sol et les décors peints des XVIIe et XIXe siècles. Les vestiges du XVe siècle seront conservés à titre archéologique. Des vitraux contemporains pourraient enfin compléter l'opération, si les financements le permettent. Outre la chapelle costarmoricaine, trois autres sites bretons ont été sélectionnés par la Mission Patrimoine : la digue et le moulin à marée du Minaouët, à Trégunc (Finistère), le châtelet du château de Vitré, en Ille-et-Vilaine, et la maison du Papegault à Josselin, dans le Morbihan.