Côtes-d’Armor : spa, école de l’Armor, manoir du Launay… les défis du nouveau maire de Pleubian

La gestion locale n’est pas une découverte pour Gilbert Le Briand, le nouveau maire de Pleubian (Côtes-d’Armor) qui fut longtemps adjoint du précédent maire, Loïc Mahé. Toutefois, le nouveau maire entend mener les dossiers à sa façon et s’adapter aux nouvelles donnes. Entretien. ➡️ Vous avez succédé à une personnalité de la presqu’île, vous avez été longtemps son adjoint, est-ce que ça change beaucoup d’être maire ? On a toujours formé un bon binôme avec Loïc Mahé, pendant 30 ans. Il m’a laissé une commune développée, j’ai hérité d’un bel outil. Mais oui, passer d’adjoint au maire à maire, ça change, le volume de réunions, de rendez-vous… L’agenda est complet. C’est différent mais passionnant. Je suis officiellement à la retraite au 1er novembre (d’inspecteur des affaires maritimes chargé de la sécurité des navires N.D.L.R.), je vais être à plein temps pour mes administrés. « Il y a deux soucis pour l’espace bien-être : le pompage d’eau de mer et le manque d’hôtellerie » ➡️ Où en est le projet d’espace bien-être ? En début d’année 2026, nous avons effectué un travail important avec Loïc Mahé et les services de Lannion Trégor Communauté (LTC) qui a débouché sur un appel à projet de qualité qui court jusqu’au 15 décembre. Il est en ligne sur Megalis et a été envoyé à 130 investisseurs possibles. On espère mais ça n’est pas gagné, la conjoncture économique n’est pas favorable. J’ai eu des appels mais je me rends compte qu’à chaque fois, on me demande s’il y a de l’hôtellerie prévue avec le spa. Les personnes intéressées disent que ne faire que du soin, ça n’est pas viable. En thalasso, c’est avec l’hôtellerie qu’on gagne de l’argent. Le deuxième souci, c’est le pompage d’eau de mer. L’entreprise chargée de faire l’étude nous a prévenus que c’est très compliqué un spa à l’eau de mer, notamment pour obtenir les autorisations de pompage et de rejets. La solution est de passer à l’eau douce. Désormais, je veux rédiger un « porter à connaissance » -c’est le nom de cette procédure- qui indique aux investisseurs qu’on peut passer à l’eau douce et qu’à quelques centaines de mètres, il y a un projet d’hôtel privé. ➡️ Un hôtel ans l’ancienne école de l’Armor ? Oui, pour l’école de l’Armor, nous avons passé un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI). Nous avons choisi un projet personnel et familial. Le compromis n’est pas encore signé car la gérante n’a pas encore les financements et sa décision sera liée au spa. Tout est lié. De même, nous avons demandé à passer station touristique, ce qui nécessite de l’hôtellerie. ➡️ Quel est l’intérêt de passer station de tourisme ? Lorsqu’une vente immobilière se fait, la totalité de la part qui est normalement distribuée entre les collectivités territoriales va entièrement à la commune, on récupère de belles dotations. ➡️ Où en est-on concernant le Manoir du Launay désormais hors d’eau hors d’air ? On souhaite que l’argent rapporté par la vente de l’école de l’Armor soit réinjecté dans le manoir pour aménager l’intérieur. On envisage plusieurs usages, du locatif, du rando gîte, de la restauration… On va en parler cet hiver entre élus mais tant que nous n’avons pas l’argent de l’école, on ne se lance pas. « Pour la réserve du Sillon, trop de contraintes et d’interdictions, ça ne fonctionne pas » ➡️ Le projet d’extension de la réserve du Sillon avait créé des remous, comment va se dérouler la suite ? Face aux réactions, le projet de renouvellement et d’agrandissement a achoppé ; trop de contraintes et d’interdictions, ça ne fonctionne pas. Nous avons refait des groupes de travail et mon adjoint Didier Merle a mis toute son énergie pour remettre le dossier en route. Le 19 novembre, une nouvelle réunion publique se déroulera à la salle des fêtes pour présenter ce qui a été corrigé et validé par le comité de gestion. On a bien intégré les habitudes des locaux qui fréquentent le Sillon de Talbert. On voulait raccrocher Lanmodez mais la commune n’accroche pas.
Logement : trois sites, trois projets
Le logement est un dossier épineux pour beaucoup de communes, y a-t-il des projets à Pleubian ? On a de la demande et on voudrait installer de jeunes couples. Il y a d'abord la création de huit logements sociaux derrière le Launay à l'emplacement de l'ancienne caserne. L'endroit devait accueillir une chaufferie bois collective pour la salle du Sillon, la résidence des anciens, la salle de fitness et le manoir du Launay mais ça n'est pas possible de la mettre là, elle sera finalement derrière la salle de fitness et sera terminée fin 2027. Le terrain est donc bloqué pour y installer un collectif de huit logements sociaux, on espère que ça se fera durant le mandat. Ça sera du T2/T3. Ensuite il y a l'îlot Saint-Yves (ex-Catena) pour lequel on travaille avec l'Etablissement Foncier de Bretagne (EFB) et la Société Publique Locale d'Aménagement de Lannion Trégor Communauté. On attend la démolition qui sera faite par l'EFB. A l'arrière, il y a deux maisons qui resteront telles quelles et seront mises en vente. Dans la maison principale et le magasin, on souhaite faire un petit collectif de 10 logements. Le bailleur social Terre d'Armor est intéressé. J'espère que la démolition sera faite pendant le mandat, l'EFB est très sollicité. Enfin, il y a le lotissement de l'Armor qui est en cours. Sur 10 lots, six sont réservés à des moins de 50 ans, au prix de 65 € HT et quatre sont à 91 € HT pour les plus de 49 ans, mais pour une résidence principale ou pour de la location à l'année. Il faut que le lotissement soit plein toute l'année. On a déjà six réservations et financièrement, c'est une opération blanche pour nous. ➡️ On dit qu’à Pleubian, les jeunes s’ennuient… Pleubian bénéficie d’une population de retraités qui assurent un monde associatif très dynamique. On a ouvert une quatrième classe l’an dernier, nous n’étions pas plus de 10 communes dans ce cas dans le département. Pour les plus jeunes, il y a ce qu’il faut. Pour les ados, on a prévu des activités et un pumptrack (circuit de bosses pour VTT, vélo ou trottinette N.D.L.R.) qui pourrait sortir de terre en 2028. Il y a à faire, c’est pourquoi l’adjointe à la jeunesse est assistée d’un conseiller délégué. Mais il faut laisser les adjoints prendre leurs marques, sur 5 adjoints, quatre sont nouveaux élus. ➡️ Le maire de Lézardrieux pense que la filière « algues » peut se développer, qu’en pensez-vous ? Cette activité a toujours existé à Pleubian mais faire plus je ne vois pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de transformation. ➡️ En termes d’accès à la santé, où en est Pleubian ? Nous avons un médecin, une dentiste, un kiné et un gros réseau d’infirmiers. On aimerait que le médecin soit remplacé quand il va partir à la retraite ; nous avions sur notre liste un urgentiste qui effectue des recherches. Cela dit, Pleubian n’est pas un désert médical grâce à la Maison médicale de Pleumeur-Gautier pour laquelle LTC a effectué un travail formidable. ➡️ Justement, quelles sont les relations avec LTC ? C’est un bon partenaire technique. J’ai la frustration de ne pas avoir été choisi comme conseiller au maritime. Pour finir, il n’y a personne alors que l’agglomération a une énorme façade maritime. Je siège à la commission Mer et littoral et je suis administrateur au CEVA. Je regrette parfois un manque d’aide au développement économique, on dirait que ça s’arrête au pont Canada. Pour le spa, il y avait une enveloppe d’aide de 270 000 € votée. Avant la fin du dernier mandat, l’agglo s’était engagée à verser 100 000 € et le reste une fois le projet abouti. Où sont les 100 000 € ? ➡️ Vous dialoguez entre les maires de la presqu’île ? Les sept maires se rencontrent une fois par mois pour échanger sur différents thèmes ; c’est notamment intéressant pour les nouveaux maires, ça fait presque 30 ans que je suis élu et j’apprends tous les jours… ➡️ Comment ça se passe avec l’opposition ? Elle s’appelle désormais la minorité et ça se passe très bien. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.