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Côtes-d’Armor : port, commerces, logements… le nouveau maire de Lézardrieux expose ses projets pour la ville

actu.fr · 17/10/2026 · ← revue

Après près de 6 mois en fonction dans la commune de Lézardrieux (Côtes-d’Armor), quels sont les projets portés par le maire Yves Jézéquel et son équipe ? Comment envisage-t-il de faire face aux défis économiques, démographiques ou environnementaux ? Quelle vision a-t-il de sa fonction, de la commune dans son environnement ? Entretien… ➡️ Quelles premières impressions dans votre nouvelle fonction ? C’est une vraie responsabilité ; je n’aime pas le mot « charge » mais il y a beaucoup de choses à faire et c’est un vrai sujet de réflexion. La mairie est le premier échelon administratif vers lequel se tournent les citoyens et c’est un échelon qui n’est pas valorisé. ➡️ Vous voulez dire financièrement ? Oui, mais plus largement, on enlève des leviers d’action aux maires et la fonction est noyée dans un millefeuille administratif alors que nous sommes les premiers interlocuteurs des citoyens. Il faut énormément de pédagogie pour que chacun comprenne qui fait quoi, les gens sont perdus dans les compétences des différentes collectivités et organismes. À Lézardrieux, nous avons fait le choix d’être le premier contact, celui qui oriente ; ça fonctionne et ça va encore plus fonctionner avec la nouvelle secrétaire générale. Lézardrieux en a manqué pendant 5 ans. Ça va beaucoup changer la conduite des affaires de la commune d’autant que nous avons d’autres créations de postes en vue. ➡️ Quels postes vont être créés ? Quand nous en aurons les moyens, nous voulons créer un poste de responsable des services techniques et un poste d’ASVP à temps partiel qui sera un interlocuteur pour les administrés et permettra de renforcer la communication sur les décisions de la commune, ce sera plus un rôle de prévention que de répression. ➡️ Il y a des dossiers « chauds », la fermeture de la rue des Ecoles, au niveau de l’Auberge du Trieux en est un. Il semble qu’il s’enlise dans une bataille d’experts… La commune a pris un avocat pour rentrer de tout son poids dans les discussions entre les experts (qui travaillent sur les raisons de la fragilisation du pignon de l’Auberge du Trieux ayant nécessité la fermeture de la rue NDLR). Cette fermeture pose un problème de sécurité aux abords de l’école et constitue une perte financière pour le restaurateur. Elle a aussi un réel coût pour la collectivité, la deuxième tranche des travaux du bourg a dû se faire de nuit avec un surcoût pris sur la tranche secondaire, remise à plus tard. Nous avons pris un arrêté de mise en sécurité immédiate fin juillet car les étais qui étaient prévus pour quatre mois étaient là depuis quatre ans. Nous sommes désormais sous le coup d’un arrêté de sécurité ordinaire. On passe d’expertise en expertise dans cette affaire et moi j’ai besoin de circuler sur cet axe central. ➡️ Qu’entendez par peser de tout son poids ? Ma première option est que tout le monde arrive à un terrain d’entente. Sinon, la commune engagera les travaux pour se faire rembourser après. Il y a une vraie urgence. ➡️ Autre dossier, la Cambuse, où en est-on ? Le temps de la justice est long, nous n’avons pas encore la date de l’appel. La question : que peut-on y faire en attendant la décision judiciaire. Si on peut utiliser cette salle, j’y suis favorable. Profitons aussi de ce temps pour discuter de l’usage futur de ce groupe de bâtiments, Ty Ar skol et la maison de l’instituteur. Le site est exceptionnel, il faut trouver un projet, un lieu de rencontre pour les Kermoustériens et de halte pour ceux qui viennent de l’extérieur ce qui nécessite des solutions de parking. Dès cet hiver, je veux organiser des réunions avec les Kermoustériens pour discuter de la nature de l’établissement et de sa gestion. À la Pointe de l’Armor, le projet est d’instaurer une continuité de cheminement ➡️ Un sujet a suscité des inquiétudes avant l’été, le secteur de la Pointe de l’Armor, où étaient situés les établissements Mahéo dans le passé… Ce terrain est privé. Il n’y aura pas de restaurant. Aujourd’hui, le projet est d’installer un ostréiculteur, c’est cohérent historiquement, ça permet d’assurer une continuité. On a appuyé la volonté du propriétaire de nettoyer la Pointe. C’était une friche industrielle or, beaucoup de gens s’y promènent. Le propriétaire veut ouvrir cette Pointe au public, cela permettrait de faire un cheminement de Traou Trez au port, des chemins existent après la Pointe. Des discussions sont en cours. « Le Palm doit fonctionner toute l’année » ➡️ Autre établissement emblématique, le Palm, ex-Yacht-club, a ouvert cet été dans des conditions temporaires, et après ? C’est un vrai sujet. C’est l’âme du port, le port vit au milieu de cet espace de convivialité, une fermeture un été n’était pas envisageable ; nous avons donné les moyens de poursuivre et le Palm a fait une très belle saison. La grande question, c’est comment reconstruire et dans quels délais ? Sachant que le juge de paix sera le financement de l’opération avec aussi, la question des délais administratifs. Les deux expertises conduites sur le bâtiment sont formelles, la seule solution est la destruction totale du bâtiment. Ensuite, l’objectif est globalement de reproduire le même type d’activité toute l’année. Nous sommes en discussion avec un bureau d’études de Lannion-Trégor communauté. L’été prochain, le Palm devrait fonctionner comme cette année et l’objectif est d’ouvrir en mars 2028 dans les nouveaux locaux et toute l’année. ➡️ Concernant le port toujours, la fin de la concession est en 2043 mais vous semblez vouloir hâter le rapprochement avec Eskale d’Armor, le gestionnaire des ports départementaux. En 2043, le port sera repris par Eskale d’Armor qui est déjà un acteur du port de Lézardrieux puisqu’il est propriétaire du Quai à sables. Soit on attend 2043, soit on devance les choses pour avoir la meilleure discussion possible avec Eskale d’Armor à des conditions favorables à Lézardrieux. Il est impératif que la commune continue à peser sur les choix stratégiques du port dans une période où la plaisance évolue. Il faut transmettre quand la gestion du port sera la plus simple et la plus transparente possible pour éviter les problèmes récents (un redressement fiscal de 250 000 € N.D.L.R.). « Il faut rapidement des travaux de désenvasement au port » ➡️ Comment le port devrait-il évoluer ? Il y a un très gros travail de réflexion en cours sur le port qui a un potentiel évident et a toujours eu une place à part dans l’Histoire. Il faut redonner de l’importance à la partie économique et accompagner la transformation de la plaisance qui compte de plus en plus de grosses unités et de plus en plus de petites embarcations à la journée. Il faut des cales, un port à sec, des chantiers capables de sortir de grosses unités de l’eau et toutes les possibilités de réparations nautiques. Ça veut dire assez vite des travaux importants, notamment de désenvasement. Il faut d’abord faire une bathymétrie (mesure des profondeurs et cartographie du fond N.D.L.R.), c’est un gros travail dans des conditions très normées, il faut faire ce chantier assez vite, c’est l’avantage de la bascule vers une structure qui a les reins assez solides mais à l’heure qu’il est, nous ne sommes pas certains que ce soit le cas. ➡️ Il y a pourtant un échéancier ? Au 1er janvier 2028, tout ce qui est commercial et professionnel pourrait basculer vers Eskale d’Armor. On est dans les discussions et dans la réorganisation, de façon que la coopération soit la plus claire possible. « Pour faire venir des commerces, il y a des discussions sur l’espace Benech » ➡️ En parlant d’économie, comment envisagez-vous de redynamiser le centre-ville où des vitrines sont fermées ? Il faut faire venir des commerces, notamment dans l’espace Benech qui fait 400 m2. On voudrait faire venir une poissonnerie qui compléterait l’offre sur la presqu’île. On est en lien avec des investisseurs et M. Benech, le propriétaire ; c’est un projet privé mais nous sommes catalyseurs. Comme c’est dans le bourg, la municipalité a son mot à dire. Par ailleurs, nous organisons une rencontre entre les acteurs du monde économique une fois par trimestre. Lors de la prochaine, une responsable de France Travail Lannion fera un exposé sur le recrutement. C’est un vrai sujet, on a quand même une crêperie qui a dû fermer un jour de plus par semaine faute de serveur. ➡️ Pour attirer du monde il faut des logements, où en est le lotissement des Trois-Ormes ? La viabilisation a commencé. Il y a trois acquéreurs sur les 28 terrains. La municipalité propose une aide financière sur quatre terrains avec des conditions : avoir des enfants, les mettre à l’école. Il y a un intéressé dans ce cadre. Il y aura aussi 28 logements à vendre dans un collectif plus 10 logements sociaux avec la Rance. En tout, 50 logements sont créés. Les premiers habitants du collectif sont attendus dans deux ans. ➡️ Et pour les personnes âgées, nombreuses dans le secteur ? On cherche une solution pour les seniors autonomes. Parfois, les gens vont trop tôt en Ehpad parce que leur logement n’est plus adapté. Nous réfléchissons à une résidence autonomie. Nous avons deux ou trois terrains qui pourraient s’y prêter, nous allons lancer les commissions de travail sur ce sujet. Nous réfléchissons aussi, en lien avec l’agglomération et l’Agence Régionale de Santé, à un cabinet médical avec des médecins généralistes, des kinés, des dentistes et des professions paramédicales. ➡️ Tout ça fait beaucoup de projets… Ils vont être inscrits dans un calendrier pluriannuel, il fallait laisser passer la saison, embaucher la secrétaire générale de mairie et maintenant, nous mettons en place la programmation budgétaire. « Les communes doivent être dans les projets de retenues d’eau » ➡️ Quelles sont vos relations avec l’agglomération Lannion Trégor Communauté ? C’est une agglo où on trouve des services compétents ; ce qu’il faut, c’est y être présent et en comprendre le fonctionnement et globalement ça fonctionne. Concernant la Presqu’île au sein de l’agglo, je pense qu’économiquement, on aurait tout intérêt à représenter une économie qui n’est pas celle de Lannion, autour des productions marines. Le tourisme n’est pas la seule économie. Au printemps, un séminaire se tiendra sur les algues, on a un potentiel incroyable, il n’y a pas d’appropriation politique de la filière, ça pourrait être une marque pour la Presqu’île. Et en parlant d’économie de la Presqu’île, nous travaillons sur un projet de retenue collinaire avec la DDTM et les Maraîchers d’Armor. Il s’agit de récupérer les fortes pluies d’hiver ce qui permettrait aussi de constituer des réserves à eau pour les pompiers. Je pense qu’il faut que les municipalités soient dans ces projets, il faut aller vite sur le sujet et je pense que le consensus est atteignable. « Pourquoi ne pas imaginer, au port, un pré-festival du Chant de Marin ? » ➡️ Et en matière culturelle ? Avec le festival Brassens, les 100 ans du pont et la Channel Regatta nous avons effacé les frontières entre le Goëlo et le Trégor. Je suis le seul à LTC à être sur ce bassin-versant, il faut traiter le Trieux en tant qu’entité commune et non en tant que frontière avec Paimpol, nous avons eu l’arrivée de la Channel Regatta, pourquoi ne pas imaginer un pré-Festival du Chant de marin au port ? Le tourisme aussi est commun et les deux ports se complètent bien… ➡️ La campagne a été tendue. Quelles sont les relations avec la minorité au conseil ? Il n’y a pas de sujet. Nous les avons invités à venir travailler avec nous. La nouvelle secrétaire générale sera facilitatrice et j’envisage de faire un conseil tous les deux mois, filmé et diffusé, avec plus de place pour les commissions et un travail partagé. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.