Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass autonome (curl_cffi)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Côtes-d’Armor : le nouveau maire de Binic-Etables-sur-Mer veut « dynamiser les deux centralités de la commune »

actu.fr · 12/10/2026 · ← revue

Âgé de 57 ans, Erwann Larupt est depuis six mois le nouveau maire de Binic-Etables-sur-Mer (7 041 habitants). Marié et père de trois enfants, il sera en mai prochain retraité de la police nationale où il était responsable du centre de formation et de recrutement, pour le département des Côtes-d’Armor. Élu depuis 2008 sur la commune, il a occupé plusieurs postes d’adjoints (vie de la cité, vie associative et sports, affaires scolaires) avant de siéger dans l’opposition lors du dernier mandat. ➡️ Vous êtes maire depuis six mois, comment se passe votre début de mandat ? Je suis très content du début de mandat. Binic-Etables-sur-Mer est une commune dynamique et dynamisante. On a été élu au printemps et avec la préparation de la saison estivale, on n’a pas eu le temps de poser pied. On a tout de suite été emmené dans le tourbillon des animations à préparer, des festivals, des rencontres avec les acteurs de terrain. ➡️ Vous êtes aguerri à la vie municipale, vous avez été adjoint, puis élu dans l’opposition. Qu’implique en plus le poste de maire ? Le plus du poste de maire, c’est d’avoir une vision globale des affaires de la commune. Pendant ces six premiers mois, j’ai souhaité être au courant de tout ce qui se passe dans toutes les délégations. Déjà, pour pouvoir amener ma patte politique mais aussi pour être informé. Le maire est un peu la porte d’entrée. Pour pouvoir apporter des réponses aux citoyens, aux acteurs économiques, touristiques, associatifs, il faut avoir fait ce travail. En termes de rythme, ça a été et c’est très intense. Je regarde souvent ma montre, non pas pour savoir à quelle heure je vais finir, mais pour me « timer » par rapport aux différents rendez-vous que j’ai dans la journée. En fin de compte, le temps passe vite et je m’éclate dans la fonction. Pourvu que ça dure. ➡️ Quelle a été votre plus grande surprise ou satisfaction depuis votre élection ? Ma plus grande satisfaction a été les rencontres que j’ai pu faire avec les habitants comme les acteurs économiques, touristiques ou associatifs. J’ai senti que les gens étaient contents de notre arrivée à la mandature et de la proximité qu’on installait avec eux. Notre rapport avec la population est bon, on démarre dans un climat plutôt apaisé. « Pas de mauvaise surprise » ➡️ Et votre première déconvenue ? J’avoue, je n’en ai pas ; pour l’instant, tout va bien. Quand on est arrivé en poste, pas de surprise, pas de loup caché. Dans la commune, on a quand même une organisation administrative et technique qui est plutôt bien rodée. Après évidemment, il y a des ajustements, on a envie de mettre notre patte. Mais pas de mauvaise surprise ou de gros dossiers à gérer. Pour le tuilage, j’ai eu un temps d’échange informel avec l’ancien maire Paul Chauvin, ça s’est bien passé et ça se passe bien. ➡️ Avec un budget de 15 M€, dont un tiers pour l’investissement. Quel est ou sera le gros projet du mandat sur la commune ? Alors ce n’est pas forcément le plus gros projet, en terme financier, mais on veut réaménager et dynamiser des deux centralités de la commune. À Binic, on souhaite, par des aménagements urbains, repenser l’Estran, dégager les berges de l’Ic et améliorer la liaison Estran-port. En concertation avec le Département, on veut voir comment améliorer cette liaison avec la traversée de la départementale qui coupe Binic en deux (la déviation de Binic ne se fera jamais, le Département n’a plus de sous). On souhaite aussi repenser la rue Joffre, qui est un peu délaissée par rapport aux quais, pour en faire une rue commerçante dynamique et touristique. À Etables, l’idée est de réaménager le bourg, qui a un atout culturel avec le cinéma, la bibliothèque, la galerie, en créant une liaison et faisant de la place de l’église, qui mérite un coup de neuf, une petite place d’animation et de marchés. Et pour le stationnement, on en retrouvera en travaillant sur le site de Ker Huellan où des bâtiments vieillissants sont amenés à disparaître. On souhaite aussi davantage se servir du parc de la Belle-Issue comme un lieu d’animations. Et ça commence dès cette année avec la création d’un village de Noël. On aura aussi un œil attentif sur nos commerces pour qu’ils restent et vivent. ➡️ Justement, y a-t-il un projet pour remplacer l’ancienne boucherie qui vient de fermer ses portes au bourg ? Il y a deux pistes. Soit un repreneur de l’ensemble avec une boucherie traiteur et un appartement à rénover à l’étage. Soit seulement le rachat du fonds de commerce mais du coup, l’ensemble immobilier serait racheté par un promoteur à qui on obligerait de créer une cellule commerciale au rez-de-chaussée. ➡️ Vous souhaitez donc redynamiser les centres historiques. Ils sont distants de plusieurs kilomètres, comment les lier et unifier la commune ? C’est là aussi qu’en parallèle, on a un schéma directeur des mobilités actives, entamé par la précédente mandature mais qui présentait encore des discontinuités. L’idée est de créer une liaison douce qui va du collège en bas d’Étables jusqu’au port, par des liens avec les axes transversaux, avec les 15 villages de la commune et avec les communes voisines. Des voies vertes facilitantes et sécurisées, parfois uniques, parfois partagées. On veut ces changements, mais il y a du boulot. Il n’y aura pas assez de six ans pour tout faire. C’est une vision à moyen terme. « Une centaine de logements à l’horizon 2028 » ➡️ Par le passé la commune s’est fortement divisée, vous avez annoncé vouloir recréer du lien et de la proximité. C’est quoi la « méthode Erwann Larupt » ? D’abord, j’ai souhaité ne pas m’engager dans d’autres mandats pour être complètement disponible pour la commune. Du coup, ça me permet d’avoir du temps pour aller à la rencontre des citoyens. Je reçois dans mon bureau tous les gens qui en font la demande, même si parfois il y a des délais. On fait régulièrement des réunions de quartier, on multiplie aussi les rendez-vous avec les acteurs économiques, touristiques et associatifs. Travailler sur la proximité est une consigne que je donne à tous les élus. Je demande aussi à ce qu’ils soient présents à toutes les réunions et événements publics, associatifs… Il faut que tous prennent le pouls de la commune, c’est important et ça passe forcément par des rencontres. ➡️ Comme dans d’autres communes littorales, les prix de l’immobilier et le fort taux de résidences secondaires (31 %) freinent l’installation des jeunes, essentiels au dynamisme d’une commune. Quels sont vos projets en termes de logement pour encourager leur installation ? Notre problématique est que la commune, à la création du Plan local d’urbanisme intercommunal (2020-2026) n’a pas souhaité garder beaucoup de foncier constructible. On se trouve donc dans une impasse alors que notre volonté était de créer un lotissement communal à prix modéré pour accueillir des jeunes ménages avec enfants. On va essayer de négocier avec SBAA pour retrouver un peu de foncier. En attendant, on utilise le foncier restant ici et là pour des petits programmes de quelques logements avec du bail réel solidaire, permettant aux personnes aux revenus plus modestes d’acheter. J’insiste aussi auprès des promoteurs pour qu’ils commercialisent des T3 et T4, correspondant aux besoins de familles, et ainsi dynamiser les écoles et les commerces. Des projets privés vont sortir de terre : sur le site de l’ancien cinéma de Binic (20 logements), à côté du magasin G20 à Binic (26 logements), rue Paul-Le-Blanc (20 logements) et aussi le projet d’Habitats légers au Vau Burel (15 logements). Avec les petits programmes ici et là, on peut avoir une centaine de logements supplémentaires à l’horizon 2028. ➡️ Destruction ou réhabilitation, le devenir des bâtiments de La Rognouse divise sur la commune. Quelle est votre position et pour quel projet ? Comme je m’y suis engagé, on va ouvrir une consultation à projets avec un cadre réglementaire, financier et de destination. Il faut que le projet ait une vocation de service public, dans le domaine culturel, lié à la mer, à la nature ou autre… et qu’il ne vienne pas se percuter avec une structure ou un service qui existe déjà dans la commune. On va sélectionner un, voire deux projets, qui rentrent dans notre cadre et proposer une votation aux habitants qui pourront choisir soit un projet, soit une renaturation du site. Pour que la votation soit validée, il faudra qu’un minimum d’habitants aient voté. Je pense qu’on partira sur au moins 1 500 personnes. ➡️ Exposée aux inondations et à la fragilité de ses falaises, la ville va se doter d’un plan de prévention des risques naturels (PPRN) en 2027. Dans l’attente, où en est l’épineux dossier de la rue des Moulins et quid de la falaise fragilisée au niveau de la plage de l’avant-port ? Le dossier de la rue des Moulins est clos. À l’avant-port, une expertise a été faite avant l’été qui va permettre de développer le PPRN. On est hypersensibilisé sur les risques naturels et l’évolution du trait de côte à 30 ou 100 ans. Des réunions publiques ont été faites. Cela va avoir des implications sur le développement de l’urbanisme. À chaque demande de permis ou certificat, il pourrait y avoir des prérogatives (rehausser d’un mètre…) ou des interdictions. Et puis, nous sommes très attentifs au GR34. On a créé un collectif avec des associations utilisatrices ou environnementales, des experts, etc. On travaille sur la manière de contourner les endroits fragilisés ou d’acquisitions de bouts de terrain pour reculer de 3 ou 4 mètres le sentier. On travaille aussi bien évidemment sur la montée des eaux et le ruissellement avec l’Agglo et Eskale d’Armor, gestionnaire du port. On prend dès maintenant tous ces dossiers à bras-le-corps. « La gestion humaine, la partie la plus délicate » ➡️ L’extension du nouveau centre technique municipal est-elle toujours d’actualité ? Oui. On a suspendu le projet lancé par l’ancienne mandature. Après discussions avec les agents, on s’est dit que l’on pouvait proposer une alternative. Et je m’engage à ce qu’elle se réalise dans un temps équivalent au premier projet, c’est-à-dire à l’horizon 2028 pour un budget d’environ 3,20 M€. Mais on ne peut pas encore en parler, les choses n’étant pas signées. ➡️ Et le projet de cuisine centrale, aux Villes Robert, pour la préparation de 180 000 repas par an pour les services publics de la commune (écoles, résidences autonomie, centre de loisirs…) ? Le projet est prêt, il reste à le proposer en conseil municipal. On attend les mesures gouvernementales qui vont impacter les collectivités et le hiérarchiser dans nos priorités. Mais normalement, il est l’un des premiers projets qui vont sortir. ➡️ Maire, vous êtes aussi responsable de 140 agents municipaux, tous services confondus. Comment appréhendez-vous votre rôle de « chef d’entreprise » ? Je dirais que c’est peut-être la partie la plus délicate parce que là, on touche de l’humain. En plus, en arrivant, on n’a pas forcément l’antériorité et l’historique sur les mandats précédents. Après, on est quand même bien épaulé puisqu’il y a un service ressources humaines, un adjoint aux ressources humaines nommé, un directeur général des services et son adjointe qui ont aussi un rôle primordial mais aussi le centre de gestion des Côtes-d’Armor. La gestion humaine n’est pas une chose simple. Il faut toujours prendre ça avec beaucoup de calme, de recul et d’écoute. ➡️ Binic-Etables-sur-Mer est la 6e ville la plus peuplée de l’Agglo de Saint-Brieuc sur les 32 communes. Vous avez choisi de ne pas y siéger, et aucun adjoint non plus, pourquoi ? On voulait que la commune, contrairement à avant, ait un réel engagement au sein de l’agglomération. Réel engagement, ça veut dire que les élus communautaires soient pleinement investis dans leurs fonctions. Moi, souhaitant être complètement disponible pour ma commune, je ne me voyais pas dans l’exécutif de l’agglomération. Pour notre groupe, Uni (e) s dans l’action, on a donc choisi de mettre deux personnes qui n’étaient que conseillers municipaux, pas adjoints : l’une est vice-présidente de SBAA, l’autre très engagé dans plusieurs commissions autour de l’eau et de l’environnement. Et au regard de leur investissement, je ne vois pas comment j’aurais pu mener à bien mon mandat de maire et celui de vice-président d’une agglomération. Ces deux élus sont pleinement intégrés à l’action municipale. Je leur donne la parole à chaque fin de conseil municipal pour faire part des dossiers de l’agglo qui ont bien évidemment une incidence sur notre vie communale. ➡️ Si on vous signait un chèque en blanc, quel serait votre projet « rêvé » pour Binic-Etables-sur-Mer ? Ce n’est pas évident. Je trouve que la commune est quand même super bien pourvue avec des équipements de qualité, même si certains sont à moderniser, un tissu associatif énorme par rapport à des communes de même strate, un port ultra-dynamique… Si, un chèque blanc nous permettrait de réaliser tous nos projets dans une même mandature. Bien souvent les projets de campagne sont inaugurés par l’équipe suivante, c’est frustrant. Avec une manne financière, on pourrait tout démarrer en même temps pour qu’en fin de la mandature, on puisse tout inaugurer. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.