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Côtes-d'Armor : la Vallée des Saints s'oppose à l'implantation de trois éoliennes

Les Échos · 16/09/2026 · ← revue

À Carnoët, dans les Côtes-d'Armor, trois mâts de 150 mètres pourraient bientôt s'inscrire dans le paysage de la Vallée des Saints et de ses 216 sculptures monumentales en granit. Le projet est porté par Galileo Energies Nouvelles dans le secteur de Quénéquillec, à proximité immédiate du site. Le 7 septembre, le développeur a informé la mairie du dépôt de sa demande d'autorisation environnementale auprès de la préfecture des Côtes-d'Armor. Le conseil municipal s'est déjà prononcé contre le projet.

Une oeuvre inscrite dans le paysage

Pour l'association qui porte la Vallée des Saints, le sujet n'est pas celui de l'opportunité del'éolien en Bretagne, mais de son implantation à cet endroit précis. « Le paysage n'est pas un décor : il fait partie de l'oeuvre », souligne Sébastien Minguy, directeur général de l'association. Depuis la colline, les sculptures sont pensées dans un dialogue avec les reliefs, l'horizon et le ciel. À ses yeux, des machines de cette hauteur changeraient radicalement cette expérience. « Elles bouleverseraient les rapports d'échelle, l'horizon et la perception de l'ensemble », estime le dirigeant, qui redoute une modification durable de l'environnement visuel du site. La Vallée des Saints ne se limite pas à un parcours de sculptures consacré aux saints bretons. Le projet revendique une continuité avec la tradition de la sculpture bretonne des XVIe et XVIIe siècles, notamment celle des enclos paroissiaux. Une histoire que les artistes contemporains poursuivent dans le granit, en faisant cohabiter mémoire régionale et création actuelle.

Un projet qui continue de se développer

Le site poursuit d'ailleurs son développement. Dernier exemple en date, le « Moaï de la fraternité », haut de 5,80 mètres et taillé dans un bloc de granit de 40 tonnes, a rejoint récemment l'entrée de la Vallée. Réalisée avec deux sculpteurs de l'Île de Pâques, l'oeuvre fait référence à l'expédition de La Pérouse et au Costarmoricain Paul Antoine Marie Fleuriot de Langle, qui participa en 1786 à la cartographie de l'île. Un centre d'interprétation consacré à cette histoire devrait prochainement voir le jour. Cette dynamique nourrit l'argument de l'association : le paysage de Quénéquillec accompagnerait non seulement un patrimoine existant, mais une création appelée à évoluer. Elle demande donc que les projets éoliens susceptibles d'être visibles depuis la colline soient abandonnés. Le dossier de Galileo entre désormais dans la phase d'instruction de l'autorisation environnementale. Les impacts du projet devront notamment être examinés au regard du paysage et du patrimoine de ce site qui accueille près de 300.000 visiteurs par an.

Stéphanie Bescond