Coprexma veut mettre les bateaux de pêche à la voile

Pour l'industrie maritime, le retour de la voile n'a plus rien d'utopique. Dans le transport de passagers ou de marchandises, des compagnies comme Sailcoop, Neoline Armateur, Grain de Sail ou Windcoop ont démontré la pertinence de cette solution. « Alors pourquoi pas dans la pêche ? », interroge Guillaume Chaussade, qui a repris, en mai 2025, le cabinet d'architecture navale Coprexma, installé depuis quarante ans à Pont-l'Abbé, dans le Finistère. Selon cet expert, qui a piloté des chantiers navals en Indonésie ou en Chine, les technologies véliques sont assez matures pour envisager leur intégration sur des bateaux de pêche. En particulier les voiles Wisamo, une entité du groupe Michelin, dont un premier exemplaire a été assemblé dans l'usine de Vannes (Morbihan) pour équiper un patrouilleur de la direction des affaires maritimes. Pour ce projet, les gains en carburant pourraient avoisiner les 15 %.
« Une bonne alternative »
« L'avantage de cette technologie, c'est sa simplicité, note Guillaume Chaussade. Tout est automatisé. Un simple bouton on/off permet d'activer le système, qui se règle tout seul », résume-t-il. La voile gonflable pourrait être utilisée par les marins pour se rendre sur les zones de pêche, être facilement repliée lors des opérations, puis redéployée pour rentrer au port. Cette simplicité d'utilisation est une condition sine qua non de l'adoption de ces technologies par les équipages, soucieux de limiter les opérations à bord, notamment pour des raisons de sécurité. « Comme dans l'automobile, le secteur doit disposer d'un panel de technologies complémentaires pour se décarboner. Le vélique est une bonne option, en attendant l'électrification des infrastructures qui représente un chantier colossal », analyse le dirigeant. Les premières études menées par Coprexma, impliqué dans de nombreux dossiers de recherche, ont conclu à la faisabilité du projet. Reste à affiner les conditions d'intégration de la voile de 120 m2 sur un navire, son coût et le retour sur investissement prévu. « La hausse brutale des prix du gazole chamboule les modèles d'innovation en les rendant plus rapidement rentables. C'est une condition nécessaire à leur industrialisation », note le dirigeant du cabinet, qui a conçu quelque 600 navires marchands, de charge ou de pêche. Le projet devrait entrer dans une nouvelle phase, plus opérationnelle, dès 2027. « Nous travaillons avec un armateur sur l'équipement d'un bateau existant. Si cela n'aboutit pas, nous choisirons un autre navire, existant ou neuf », ajoute Guillaume Chaussade. Coprexma emploie sept collaborateurs et réalise quelque 800.000 euros de chiffre d'affaires.