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Construire et innover avec des brins d’osier

Ouest-France · 09/08/2026 · ← revue

Des dizaines de bottes d’osier sont adossées aux murs de l’atelier d’Estelle Després et des prototypes de luminaires sont accrochés au plafond. Quelques paniers au sol pour mon usage personnel. Je ne fabrique que des pièces uniques sur commande, que je réalise très souvent sur place ». Après avoir travaillé dans le social, Estelle Després s’est installée il y a cinq ans comme vannière. Quand j’étais petite, avec mon père, je tressais des jouets buissonniers avec le jonc, qui venait d’une prairie voisine. Mais c’est bien plus tard, à 25 ans, sur le marché de Quimperlé (Finistère) qu’elle découvre le travail de Romain Bertho. Une initiation chez le vannier en Centre-Bretagne, des recherches personnelles à la maison et la décision est prise d’en faire un métier.

L’un des artisanats les plus anciens

Estelle Després passe le brevet professionnel de responsable d’entreprise agricole à orientation osiériculture et vannerie, à Fayl-Billot (Haute-Marne), berceau historique de la vannerie française. Entrelacer une matière végétale est l’un des plus anciens artisanats. Tout le processus de la vannerie est sobre et sain. Elle s’approvisionne auprès d’osiériculteurs dans un rayon de 30 km. Les différentes variétés de saule donnent une infinie palette naturelle. L’osier peut être employé brut quand il a conservé son écorce, ou blanc lorsqu’il en a été débarrassé. Le répertoire de la vannerie est riche : la crocane, la torchette, la tresse spiralée et bien d’autres, autant de savoir-faire maîtrisés par Estelle Després. Je fais des fiches avec des croquis, des calculs, les choix de techniques et d’osier en fonction du projet. Il y a un temps important de préparation où je choisis les brins, selon la taille et la couleur. Elle s’est spécialisée dans la vannerie monumentale et les luminaires. J’essaie d’aller vers ce que les autres ne font pas, amener l’osier là où on ne l’attend pas. On peut tout faire avec l’osier, en décors intérieurs et extérieurs. L’osier amène de la rondeur, de la légèreté et de la souplesse.

« C’est une activité très physique »

Mobilier urbain, structures en osier vivant pour les collectivités, éléments de scénographie pour les musées, Estelle Després collabore régulièrement avec des paysagistes et des architectes. La créatrice vient d’installer, dans une maison ancienne rénovée, un luminaire de près de deux mètres de diamètre. J’ai fait une formation en design pour créer des luminaires. J’aime le jeu avec la lumière, les ombres portées sur les murs. Ce sont des pièces très créatives. Le dialogue est primordial pour la vannière tout au long du processus de création. Dans une démarche de transmission, elle propose aussi des stages d’initiation, des interventions dans les maisons de quartier et les écoles. On ne s’en doute pas toujours, mais c’est une activité très physique. Parce que les outils, ce sont avant tout les mains.

Infos : www.vanneriedespres.fr