Revue de presse

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Climat. Dans cette ferme d’Ille-et-Vilaine, des arbres pour protéger les vaches et anticiper l’avenir

Ouest-France · 16/08/2026 · ← revue

Quatre-vingt-dix vaches et quarante génisses de renouvellement pâturent sur l’exploitation de cent trente hectares, à La Chappelle-Bouëxic (Ille-et-Vilaine). Notre travail consiste aussi à entretenir notre environnement, tout en prenant soin de notre santé et celle des autres , explique Frédéric Besnard, agriculteur. C’est pourquoi nous sommes passés en agriculture bio. Nous avons réduit drastiquement la culture du maïs, et nous nous sommes lancés dans l’agroforesterie. Le maïs se récolte en effet une seule fois dans l’année, contrairement à l’herbe, qui repart plus vite après les périodes sèches et ne nécessite pas l’usage de produits phytosanitaires.

« On a de l’herbe presque toute l’année »

On a de l’herbe presque toute l’année, même en plein hiver. Les vaches peuvent désormais pâturer, alors qu’avant, on rentrait les vaches vers octobre-novembre, et elles ressortaient en mars-avril , précise le fermier. Par contre lors de grosses chaleurs, elles passent plus de temps dans le bâtiment. Alors, planter des arbres et créer de l’ombrage apportent une première solution, en augmentant la surface de pâturage. Les vaches passent plus de temps à l’extérieur et, tout en se nourrissant de manière autonome, leurs déjections enrichissent le sol naturellement, créant ainsi un cercle vertueux.

« Si nous l’avions fait plus vite...»

Cette ferme appartenait à mes grands-parents, puis à mes parents, aujourd’hui elle est à nous et puis demain… peut-être à nos enfants. Que va-t-on leur laisser comme exploitation ? » C’est cette réflexion, la volonté de favoriser la biodiversité et de protéger les animaux de la chaleur, qui a amené l’exploitation des Besnard à « la plantation d’arbres, qui profiteront pleinement aux prochaines générations , poursuit-il. Car il faut du temps pour que les arbres poussent. Si nous l’avions fait plus vite, nous en profiterions davantage. Pour l’instant, nous avons plus les inconvénients que les avantages, puisqu’il faut les entretenir et les protéger, pour que les vaches ne les abîment pas. Cela les a contraints à installer plusieurs kilomètres de clôtures supplémentaires et à réaliser le débroussaillage nécessaire pour favoriser la pousse des jeunes plants. Nous avons commencé par des haies bocagères, puis continué avec des plantations intraparcellaires , c’est-à-dire planter des alignements d’arbres au milieu des champs, environ trente à trente-cinq arbres à l’hectare, sur quarante hectares. Pour l’arbre, alisier, aulne, cormier, châtaignier, mûrier, merisier, tilleul, noyer ou encore pommier sauvage leur ont été conseillés. Aujourd’hui, ils n’ont pas encore le recul nécessaire sur leur résistance aux canicules répétées : réponse au printemps 2027.