« Chaque goutte d’eau compte », la ville de Fougères appelle à la sobriété face à la sécheresse
La situation devient de plus en plus tendue dans toute l’Ille-et-Vilaine. Depuis le passage du département au niveau crise sécheresse, les restrictions concernant l’usage de l’eau se sont donc étendues à Fougères (Ille-et-Vilaine). Il ne s’agit pas d’alarmer, mais de faire prendre conscience collectivement , précise Gilbert Fesselier, adjoint au maire délégué aux travaux et à la transition écologique et énergétique. L’arrosage des pelouses et des jardins est interdit. Même chose pour les potagers entre 8 h et 20 h. Tout comme le remplissage des piscines et le lavage des véhicules. Les services techniques de la ville, eux, n’arroseront plus les terrains de football jusqu’au 31 août 2026.
Des cours d’eau asséchés
La municipalité de Fougères appelle donc tous les citoyens à économiser l’eau. La sobriété de l’eau est aujourd’hui automatisée, indique Gilbert Fesselier. Une fuite de chasse d’eau ou le débit d’une douche mal réglé peut coûter 50 à 100 litres par jour. La bassine pour ne pas gaspiller la première eau est aussi importante : ce sont des gestes qui semblent un peu anciens, mais qu’on va devoir remettre en pratique Des gestes essentiels alors que 55 % des cours d’eau du département sont à des niveaux très bas et que des barrages de réserves extrêmes pourraient être abaissés en dernier recours. En tout cas, la pluie qui s’abattra cette semaine n’arrangera rien, . Il faudrait qu’il pleuve pendant des semaines et des semaines pour permettre aux réserves de se reconstituer , explique la municipalitéAujourd’hui, avec la chaleur et le vent, on a toutes les conditions pour avoir une bonne sécheresse. Ce contexte géologique demande alors encore plus de surveillance. On insiste sur les citoyens mais c’est l’effort de tous, agriculteurs et entreprises compris , insiste Alice Lebret, maire de Fougères.
S’adapter à long terme
Pour l’instant, l’accès à l’eau potable n’est pas en danger dans le Pays de Fougères mais la vigilance reste de mise. « Si l’eau ne se pointe pas dans les semaines à venir, on peut avoir des problèmes importants au niveau de la distribution , assure Hubert Couasnon, président du syndicat d’eau du Pays de Fougères. Notamment à la rentrée, car la consommation va augmenter avec les retours de vacances. On fait donc appel à la responsabilisation de chacun pour passer ce cap d’un mois. Résister donc à ces moments difficiles sans oublier l’objectif principal : s’adapter durablement. La télérelève, déployée sur Fougères, permet de recevoir des alertes en cas de consommations inhabituelles sur les compteurs des particuliers et de la ville pour prévenir les concernés. Depuis 10 ans, il y a aussi un vrai travail sur la recherche de fuite, développe la municipalité. Le renouvellement du réseau permet de maintenir un rendement de 95 %. Autrement dit, sur 100 litres d’eau distribués, seulement cinq litres sont perdus avant d’arriver chez l’usager. Un gros travail au niveau régional et national reste à faire, selon Alice Lebret. Cet été s’est montré particulièrement éprouvant, avec une sécheresse inédite et cinq canicules. L’enjeu est alors d’anticiper. En attendant, la municipalité entend gérer la crise actuelle. Chaque goutte d’eau compte , rappelle Gilbert Fesselier.