Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Cet outil apporte le même niveau de service où que l’on habite » : toute la Bretagne est désormais raccordée à la fibre optique

Le Télégramme · 06/11/2026 · ← revue

« Là où tous les opérateurs privés ne venaient pas, les collectivités bretonnes ont choisi d’être au rendez-vous », insiste Loïg Chesnais-Girard. Le président de la Région Bretagne aime rappeler que, sans la construction complexe, poussive et parfois décriée, voire attaquée en justice, du réseau très haut débit public, « seules les zones denses de la région, raccordées par des opérateurs privés, auraient eu accès à la fibre optique ». Soit seulement 10 % du territoire et 40 % de la population bretonne.

Soixante-trois mille commercialisations à venir

En couvrant les 90 % restants, l’autoroute numérique doit répondre aux besoins d’un million et demi de particuliers, d’établissements publics et d’entreprises. Mais, attention, si l’installation de la dernière prise, ce vendredi, au Cap Fréhel, a marqué la fin du chantier, cela ne signifie pas que la fibre est instantanément disponible. Selon le syndicat Mégalis Bretagne, « un peu plus de 63 740 prises doivent encore être rendues éligibles d’ici à fin décembre dont 46 000, en novembre ». Leur commercialisation interviendra dans ce laps de temps.

Il peut aussi arriver que des résidents d’immeubles n’y aient pas accès quand le raccordement n’a pu y être concrétisé. Certains syndics ou conseils syndicaux de copropriété n’ont, en effet, pas donné leur feu vert aux travaux. Le réseau de 81 700 kilomètres de câbles va continuer à évoluer : de nouveaux logements pourront s’y connecter dans les prochains mois et prochaines années.

« 58 % des particuliers éligibles l’adoptent »

Pour l’heure, 58 % des particuliers éligibles l’adoptent, selon Mégalis Bretagne, alors que l’objectif visé se situe à 70 %. En revanche, pour des raisons très variées, y compris de méconnaissance, « très peu d’entreprises s’en saisissent pour le moment », s’étonne le syndicat.

Pas moins de 1,7 milliard d’euros a été investi dans ce réseau, dont près de la moitié par les collectivités, de la Région aux intercommunalités en passant par les Départements. Il est exploité par Bretagne très haut débit, une filiale d’Orange concessions, qui reverse environ 30 % du réseau. Il appartiendra aux élus bretons de déterminer comment seront employés ces 500 millions d’euros. Christian Coail, le président du conseil départemental des Côtes-d’Armor, qui y a injecté plus de 46 millions, suggère d’en consacrer une partie « pour sécuriser le réseau aérien de fibre et développer des usages numériques ».

L’un des plus fiables de France

Cinq mille emplois directs et indirects, dont 318 personnes en insertion, ont contribué au déploiement du réseau, terminé, en dépit des retards pris avant 2019, avec « quatre ans d’avance sur l’objectif 2030 ». Selon l’observatoire de la qualité des réseaux de l’Arcep, « le gendarme des télécoms », il serait l’un des plus fiables de France, avec un taux d’échec au raccordement limité à 2 %.

« C’est un outil de souveraineté qui doit apporter le même niveau de service où que l’on habite en Bretagne. Et il rend la région indépendante des satellites étrangers si, un jour, des signaux devaient être coupés, dans un contexte géopolitique perturbé », insiste Loïg Chesnais-Girard.