Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Celui qui fraude fera-t-il la demande ? » : à Rennes, le nouveau permis de louer dans le centre historique ne convainc pas tout le monde

Le Télégramme · 28/09/2026 · ← revue

C’est fait : le « permis de louer » fait désormais partie de l’arsenal de la Ville de Rennes pour lutter contre l’habitat indigne. La mesure a été adoptée en conseil municipal par la majorité de Nathalie Appéré, ce lundi 28 septembre 2026. Elle entrera en vigueur en avril 2027 et s’appliquera aux 900 logements de moins de 20 m² situés dans le centre historique. À partir de cette date, les propriétaires souhaitant signer un bail avec un locataire devront au préalable demander l’autorisation à la municipalité.

La mesure risque-t-elle de passer à côté des marchands de sommeil ?

Dans le collimateur de la municipalité : les studios, souvent loués à des étudiants, souffrant de problèmes d’insalubrité. « Un levier supplémentaire pour lutter contre le mal-logement », défend la maire Nathalie Appéré, dans l’objectif « de garantir le droit à un logement digne et à tarif raisonnable ». La demande se fera sur une plateforme dématérialisée. La Ville aura alors un mois pour la traiter. Sans réponse, passé ce délai, l’accord de location sera tacite. En revanche, la municipalité se réserve le droit de faire des visites et d’exiger des travaux de mise en conformité. S’il passe outre, le propriétaire s’exposera à une amende, pouvant aller jusqu’à 15 000 €.

Une mesure qui fait tiquer l’opposant de centre droit Charles Compagnon. L’ancien candidat à la mairie partage l’objectif mais doute de son efficacité. « Celui qui loue volontairement un logement indigne et qui cherche à échapper aux règles va-t-il spontanément demander son permis ? », critique-t-il, en s’interrogeant sur les moyens dédiés à cette politique. « Le risque est de contrôler ceux qui sont déjà dans les radars de l’administration, sans trouver ceux qui organisent leur invisibilité. » Avant d’estimer que la solution ne se trouve pas « dans une réglementation supplémentaire », plutôt dans « une action qui va chercher ceux qui fraudent réellement. »

200 visites de logements par an, promet la Ville

Myriam Sahbi Tollemer, conseillère municipale au logement pour tous, n’annonce pas une résorption de l’habitat indigne du jour au lendemain dans le centre historique. Mais vante « une manière de renforcer » l’arsenal municipal. Elle estime à 200 le nombre de visites qui auront lieu chaque année, avec un agent dédié à cette expérimentation qui fera, par ailleurs, l’objet d’un rapport annuel. Sans exclure d’étendre la mesure à d’autres surfaces et à un périmètre plus grand.

Si la droite et le centre sont sceptiques, la mesure fait consensus à gauche. Y compris chez les Insoumis, qui campent pourtant dans l’opposition à Nathalie Appéré. « Il s’agit d’inverser la logique face à l’habitat indigne, applaudit Lucien Guenin. Ne plus attendre que le locataire s’épuise à prouver l’insalubrité de son logement, mais imposer au propriétaire la preuve de la décence de son logement avant toute mise en location. » Il estime cependant que cela ne suffira pas : « L’humidité, la précarité thermique et les installations dangereuses ne s’arrêtent pas aux portes du centre historique : on les retrouve à Maurepas, au Blosne, à Villejean, à Italie ou dans nos faubourgs. »