« Ça suffit » : en Ille-et-Vilaine, la colère des pêcheurs après la pollution d’un cours d’eau asséché
C’est un Jérémy Grandière profondément agacé qui a invité la presse, mardi 3 novembre 2026. Le président de la Fédération d’Ille-et-Vilaine de pêche ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque cette affaire, qui l’a conduit à quitter séance tenante l’Assemblée bretonne de l’eau (ABE), à Rennes ce même jour.
La veille, la Fédération a été alertée d’une importante pollution du cours d’eau de l’Yaigne, une petite rivière, affluent de la Seiche, qui traverse notamment Châteaugiron, Domagné et Nouvoitou (Ille-et-Vilaine). On nous a signalé le déversement d’une eau très teintée, à la forte odeur de pomme, qui s’est écoulée sur un lit totalement asséché, détaille le responsable.
L’origine de cette pollution serait liée à un dysfonctionnement de rejet. Contacté, Jean-Marc Maillard, maire de Domagné, confirme qu’il s’agit d’un problème localisé au niveau de la cidrerie Loïc Raison, installée dans la commune. Depuis mai, l’usine ne peut vider ses eaux usées dans les cours d’eau, dont le niveau est trop bas. L’eau rejetée a en réalité débordé des lagunes jeudi 26 octobre. L’entreprise a immédiatement contacté la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Bretagne et a interrompu sa production pour la journée du vendredi.
Contacté, l’Office français de la biodiversité (OFB) en Ille-et-Vilaine confirme avoir été saisi dès vendredi 30 octobre, à la suite d’un signalement concernant l’Yaigne. Selon nos investigations, nous n’avons pas à déclencher de procédure judiciaire, car nous n’avons constaté ni mortalité piscicole ni préjudice environnemental.
« 60 % des cours d’eau à sec »
Pour Jérémy Grandière, cela suffit. Le président de la Fédération dénonce les conséquences potentiellement désastreuses d’une telle pollution, alors que plus de 60 % des cours d’eau du département sont encore à sec. Cette matière polluante, lorsqu’elle arrive dans un cours d’eau asséché, va s’écouler jusqu’à atteindre une zone humide ou un autre cours d’eau. En se dégradant, elle va consommer tout l’oxygène du milieu aquatique, qui, lui, se porte encore bien.
Le président de la Fédération, qui ne décolère pas, appelle également l’État à prendre ses responsabilités : Les entreprises continuent de polluer, car recycler leurs déchets leur coûte plus cher que de payer des amendes. Ces dernières ne sont pas assez dissuasives, il faudrait les réévaluer.
Ce mardi 3 novembre 2026, nous ne sommes pas parvenus à joindre l’entreprise Loïc Raison.